Ré île fortifiée, de la citadelle de Vauban au mur de l'Atlantique

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Publié le 7 août 2011.

SAINT-MARTIN-DE-RE (Charente-Maritime) - Citadelles, forts, redoutes, blockhaus et casemates. En bord de plage, en forêt ou en ville. Erigées au XVIIe siècle par Vauban ou au XXe par l'organisation nazie Todt, les fortifications de pierre et de béton marquent l'île de Ré.

Sur les pistes cyclables, longeant des maisons blanches aux volets verts bordées de roses trémières, les estivants découvrent à chaque tour de pédale des vestiges, souvent imposants, qui rappellent la situation stratégique de l'île de Ré en face du port de La Rochelle.

"L'île de Ré, île fortifiée", écrit et illustré par Nicolas Mengus, qui vient d'être publié chez Geste éditions, raconte de manière vivante et didactique huit siècles de fortifications sur cette terre de 85 km2, reliée au continent par un pont depuis 1988.

En juillet 2008, douze sites français, dont la citadelle de Saint-Martin-de-Ré, construits par Vauban, ont été inscrits au Patrimoine mondial de l'Unesco.

"Depuis trois ans, nous enregistrons une augmentation sensible des demandes d'information des touristes, en majorité étrangers, sur les fortifications de Vauban", dit à l'AFP Virginie Tallineau, directrice de l'Office du tourisme de Saint-Martin-de-Ré ceinte, côté mer et côté terre, par 8 km de remparts appuyés sur des bastions et des demi-lunes.

Construite dans le temps record de quatre ans (1681-1685), cette citadelle est dans un état de conservation remarquable et reste probablement le plus bel exemple de réduit insulaire en France. "Chaque année, explique Virginie Tallineau, la mairie consacre des sommes importantes à la restauration et à l'entretien de la citadelle et du port". Le musoir (jetée de protection) du petit port de la Citadelle, au pied de la prison, a été complètement restauré en 2010.

"Mais nombre de touristes qui nous interrogent sur Vauban se disent aussi intéressés par les vestiges du Mur de l'Atlantique", ajoute Virginie Tallineau.

De fait, l'organisation Todt, chargée de la construction du Mur de l'Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale le long de la côte occidentale de l'Europe pour tenter d'empêcher une invasion par les Alliés du continent depuis la Grande-Bretagne, a érigé sur l'île de Ré quelque 300 abris, blockhaus et autres emplacements d'artillerie bétonnés.

Bastion avancé de La Rochelle et son port, La Pallice, abritant l'imposante base des U-boot, les "loups gris" de la Kriegsmarine, qui infligèrent des pertes importantes à la flotte alliée, l'île de Ré retrouve trois siècles après Vauban une importance stratégique de premier ordre.

Sur la longue plage de sable blanc, entre la Couarde-sur-Mer et Le Bois-Plage, les baigneurs peuvent voir sur la dune deux imposantes batteries d'artillerie dont les canons de 150 mm pouvaient tirer à 17 km pour défendre l'accès à la base de sous-marins de La Pallice. Un autre ouvrage bétonné glisse inexorablement de la dune vers la plage. Les blockhaus sont la cible des tagueurs qui rivalisent de dessins et de couleurs.

L'île de Ré fut également choisie par les stratèges allemands pour y implanter la plus puissante batterie d'artillerie côtière au sud de la Loire, dans une forêt domaniale près d'Ars-en-Ré.

Ironie de l'histoire, c'est aussi sur la plage de la Conche des Baleines, où les blockhaus ont carrément dérivé sur la plage que furent tournées en 1961 des scènes du "Jour le plus long" du producteur américain Darryl Zanuck. Celui-ci fit même monter de faux bunkers en polyester pour cacher... le phare des Baleines qui domine l'île.

© 2011 AFP
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