Insémination artificielle: la Belgique est le recours des lesbiennes françaises

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Publié le 2 février 2011.

DEBAT - Elles peuvent y obtenir ce que la France leur refuse...

La Belgique est une terre d'accueil privilégiée pour les lesbiennes françaises, qui franchissent chaque année la frontière par centaines pour bénéficier de l'insémination artificielle que la France leur refuse plus que jamais.

Le phénomène a pris une telle ampleur que les cliniques de fertilité en Belgique ont mis en place ces dernières années une politique de quotas pour éviter l'engorgement.

«Au début des années 2000, on a été jusqu'à plus de 700 cycles pour des patientes françaises. Mais nous manquons de donneurs de sperme», a expliqué à l'AFP Anne Delbaere, chef du service spécialisé de l'hôpital Erasme à Bruxelles.

Impasse en France

En France, les espoirs d'un changement rapide ont été douchés lorsque le Conseil constitutionnel a validé, le 28 janvier, l'interdiction du mariage entre personnes du même sexe. Une décision qui ferme la perspective à court terme pour les couples de femmes de pouvoir s'adresser à des hôpitaux français pour les aider à avoir un enfant, l'insémination artificielle étant dans l'Hexagone strictement réservée aux couples mariés et aux célibataires.

Face à cette impasse, des centaines de femmes se rendent chaque année dans les cliniques de fertilité en Espagne ou Belgique, où elles ont le droit de recourir à des donneurs de sperme anonymes, soulignait récemment le magazine gay et lesbien Têtu.

Mesures drastiques en Belgique

Les cliniques belges ont pris des mesures drastiques pour freiner cet afflux qui risquait de mettre en péril la poursuite de leur mission principale: le traitement de patientes ayant de vrais problèmes de fertilité.

Le standard téléphonique pour les femmes homosexuelles étrangères de l'hôpital Erasme n'est donc plus ouvert que quatre jours par an et seules deux consultations par semaine leurs sont encore réservées. «En une bonne heure, tous les consultations pour le trimestre suivant sont réservées», souligne Mme Delbaere.

«Grandes difficultés organisationnelles»

«Ce serait vraiment très bien que les choses bougent en France. Les femmes que je rencontre ont une énorme reconnaissance pour des centres comme le nôtre, mais elles rencontrent également de grandes difficultés organisationnelles. Je pense que ce serait tellement mieux pour elles de pouvoir faire leur traitement dans leur propre pays», estime également la spécialiste.

A Erasme, le coût du traitement s'élève à 750 euros, non remboursés, pour une grossesse menée à terme, auquel il faut ajouter 300 euros par insémination -qui n'est que rarement positive dès le premier essai-, ainsi que les frais de voyage.

Moins de droits pour les enfants

Corinne Cestino et Sophie Hasslauer, les deux Françaises qui avaient saisi le Conseil constitutionnel pour faire reconnaître leur couple, ont elles-même eu recours aux services d'un hôpital belge. En 2001, Sophie à donné naissance à des jumeaux, Virgile et Anatole, et Corinne, en 2005, à un petit Merlin.

Mais, soulignent-elles aujourd'hui, la législation française leur interdisant de se marier a des conséquences négatives pour leurs enfants. En France, ces enfants sont considérés comme n'ayant qu'un parent et ont donc «moins de droits que les autres enfants», y compris ceux issus de couples non-mariés mais hétérosexuels, regrettent-elles.

La «mère sociale», qui n'a pas porté l'enfant, n'y a par exemple pas l'autorité parentale sur les enfants de sa compagne. «On avait conscience d'être ridicules par rapport à d'autres pays, mais maintenant, on est dans le sordide», estime, après la décision du Conseil constitutionnel, Sophie Hasslauer.

Le mariage et l'adoption par des couples homosexuels sont autorisés dans plusieurs pays d'Europe, dont la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas ou encore la Norvège.

© 2011 AFP
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