PARIS - La ligne 1 du métro de Paris, la plus vieille et la plus chargée du réseau de la capitale, sera entièrement automatisée d'ici la fin 2012, un chantier spectaculaire dont la RATP veut faire une vitrine mondiale.
Pour les passagers, cette vénérable ligne qui date en grande partie de la création du métro en 1900, ressemblera beaucoup à Meteor, la ligne 14 qui est de 98 ans sa cadette.
Ses rames flambant neuves n'auront pas de conducteur, et les voies seront protégées par des portes palières hautes de 1,70 m dans les 25 stations.
Les premiers trains ont commencé à parcourir les 16,6 km de la ligne entre Château de Vincennes et la Défense, de nuit pour l'instant, tandis que l'aménagement des quais est en cours d'achèvement, après trois ans de travaux.
"C'est une première mondiale d'automatiser complètement une ligne de cette importance sans arrêter complètement l'exploitation, un challenge qui en fait une vitrine mondiale", fait valoir Yves Ramette, le directeur général adjoint de la RATP.
Avec des rames automatiques, on peut en faire circuler une toutes les 85 secondes, contre 105 secondes actuellement, explique-t-il. Il est également plus aisé d'en injecter dans le circuit, en cas d'affluence soudaine sur la ligne.
Comme leur circulation est plus régulière --donc plus rapide--, on peut faire davantage tourner les rames. Il faut donc en acheter moins, ce qui permet d'économiser une somme équivalente au surcoût, évalué à environ 20%, d'une automatisation intégrale, explique M. Ramette.
En outre, entend-on à voix basse à la RATP, l'expérience de la ligne 14 prouve qu'une ligne automatique circule toujours les jours de grève...
La RATP prend entièrement en charge l'investissement, évalué à 100 millions pour l'automatisation, 50 millions pour le réaménagement des stations et 479 millions pour l'achat de 49 nouvelles rames, fabriquées par Alstom à Valenciennes (Nord).
Quant aux automatismes, ils sont produits par Siemens Mobility (ex-Matra Transportation International), filiale française du groupe allemand qui a déjà fourni ceux de la ligne 14 et produit le métro automatique Val en service à Lille, Toulouse ou Rennes.
A partir de juin 2011, des rames automatiques circuleront en même temps que des rames classiques avec conducteur. Et fin 2012, la ligne sera complètement automatisée, indique Gérald Churchill, le chef de projet. Les rames actuelles, plutôt récentes, seront alors transférées sur la ligne 4 (Porte d'Orléans-Porte de Clignancourt), autre ligne à forte affluence.
Par rapport au projet initial, la RATP aura plus d'un an de retard, mais "on s'est engagé à faire l'automatisation sans interruption majeure de la ligne et on s'y est à peu près tenu", note-t-il. Des morceaux de ligne ont en effet été fermés çà et là, surtout la nuit ou le week-end.
"Techniquement, c'est un projet très complexe", explique Hervé de Lacotte, porte-parole de Siemens Mobility. "Bien sûr, la solution de facilité aurait été de fermer la ligne pendant deux ans, mais ça aurait été impossible vu son trafic!"
Axe est-ouest majeur, la ligne la plus chargée du réseau métropolitain transporte environ 725.000 voyageurs par jour, avec parfois des pointes à 900.000.
Avant même son ouverture, la ligne 1 est déjà une vitrine. Sur le même modèle, Siemens a entrepris d'automatiser l'unique ligne de métro d'Helsinki, tandis que la RATP vend son savoir-faire à Bruxelles et Barcelone.