Dans un courrier adressé le 20 mai au président du groupe, aux ministres de tutelle et aux inspecteurs du travail, le syndicat des médecins de La Poste dénonce l’augmentation des suicides et des maladies chez les employés de la société. Les «agents de distribution» seraient particulièrement confrontés à «des situations d'épuisement physique et psychique», selon le syndicat. 20minutes.fr a interrogé l'un d'entre eux, Grégory, facteur dans le Rhône.
Partagez vous le constat du syndicat des médecins?
Il m’étonne un peu car de notre côté, nous ne voyons pas spécialement d’évolution, en tous cas elle ne se ressent pas.
>>Lire l'interview d'un facteur qui pense le contraire
Vos conditions de travail ne sont pas difficiles?
C’est sûr que nous avons un métier physique, surtout quand on porte les colis. Mais avant de commencer, nous suivons une formation: on nous apprend à porter correctement les choses lourdes, pour éviter de se faire mal au dos par exemple. Et puis des colis lourds, nous n’en avons pas tous les jours. Il existe des métiers plus pénibles que le nôtre ou moins bien vu socialement je pense.
Est-ce que des pressions sont exercées sur vous?
Sur les facteurs non, et de manière générale à la distribution de courrier presque pas. Nous avons des objectifs, c’est certain, surtout depuis le changement de statut. Mais le groupe a choisi de mettre en avant la qualité de service donc les objectifs quantitatifs chiffrés ne sont pas très élevés et très souvent atteints. En revanche, j’ai eu des échos de personnes travaillant au niveau financier (à la Banque postale). C’est plus sur eux que s’exercent les pressions.
Avez-vous eu vous-même des accidents du travail?
Non jamais. Vous savez, le chien qui nous court après et nous mord, c’est un mythe. La plupart des personnes qui subissent des accidents du travail sont les facteurs en scooter, car c’est très dangereux.
La comparaison avec France Télécom est-elle fondée?
Je ne peux témoigner que sur la partie distribution de l’entreprise. De notre côté, oui, c’est très exagéré de nous comparer avec France Télécom (qui compte 35 suicides sur la période 2008/2009).