Karachi: le travail des rapporteurs «entravé» par le gouvernement

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M.P. avec agence

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Facelly/Sipa

C’est en quelque sorte le «J’accuse» de Bernard Cazeneuve, le rapporteur socialiste de la mission d’information parlementaire sur l’attentat de Karachi. «Je le dis très clairement: cette mission a été entravée par une absence totale de coopération de l'exécutif et du gouvernement», a lancé le député-maire de Cherbourg, mercredi lors d'une conférence de presse. Dans la journée, les députés avaient remis leur rapport, dans lequel ils estiment que «le lien» entre un arrêt des commissions et l’attentat de Karachi en 2002 ne pouvait «être écarté».   


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Mais le travail de cette mission, en place depuis octobre 2009 a été compliqué par l’attitude des différents interlocuteurs ministériels. Les ministères de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances n'ont par exemple pas transmis les documents sur le contrat franco-pakistanais, au prétexte qu'une enquête judiciaire est en cours. «Le Quai d'Orsay a fait un effort colossal en nous communiquant une revue de presse nationale et internationale», a ironisé Bernard Cazeneuve, qui réclamait au Quai d’Orsay les télégrammes diplomatiques échangés avant et après l'attentat de 2002. Bercy, de son côté, se serait contenté de fournir une «note sur la législation des FCE (commissions, ndlr) que nous sommes bien placés, nous députés, pour connaître puisque c'est nous qui votons les lois», a-t-il ajouté. «Aucun parlement en Europe n'accepterait de se voir à ce point cantonné», a estimé l’élu de Cherbourg, concluant: «La vérité sur un sujet comme celui-ci est un combat».

«L’amnésie» des anciens ministres…

Un peu plus tôt dans la journée, Guy Tessier, le président UMP de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale, avait déjà évoqué cette «contrainte». «Il est vrai que les parlementaires toutes tendances confondues ont fait part de leurs difficultés à obtenir des informations», a-t-il déclaré. Mais «l’entrave n’a pas été systématique», a-t-il relativisé. Selon lui, le principal «mal» auxquels ils ont été confrontés est «l’amnésie» des anciens ministres auditionnés. Les membres de la mission «ont consulté tous les anciens ministres, François Léotard, Charles Millon, Pierre Joxe... et le président de la mission parlementaire (Yves Fromion, ndlr) a estimé qu'il y avait un mal qui répandait la terreur chez tous les anciens ministres qui était l'amnésie, puisque aucun de ces ministres n'a voulu aller au-delà de certaines banalités».


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