Je partage ces diagnostics assez largement. Il y a un manque de cohérence dans l'espace et le temps en matière de politique éducative: on assiste à une succession de réformes qui se font à vitesse grand V, de façon pyramidale et verticale. Et on ne fait jamais le bilan de ce qu'on a tenté. L'accompagnement des élèves en difficulté, qui a fait l'objet d'un empilement de dispositifs, en est la parfaite illustration.
C'est un ministère très sensible puisque l'école touche à ce que nous avons de plus intime et important, nos enfants. Le plus gros budget lui est d'ailleurs consacré. Malgré tout, le corps enseignant est un peu découragé car il a le sentiment d'être dévalorisé et pas entendu. Un état dépressionnaire pèse sur l'école actuellement.
Nous avons une institution scolaire qui n'a aucune politique de gestion des ressources humaines. Des jeunes profs inexpérimentés se retrouvent dans les situations les plus difficiles parce qu'elles sont fuies par les enseignants expérimentés et chevronnés. Du coup, il y a un turn-over colossal dans les zones d'éducation prioritaire.
Cela ne favorise pas la cohésion des équipes d'enseignants. Mais il faut relativiser le problème de niveau des élèves. Il baisse dans un domaine, la maîtrise de la langue écrite, mais pas tant que ça dans les autres matières. Par ailleurs, le déficit des élèves français est moins sur le plan de la maîtrise des compétences que sur celui de l'autonomie et de la confiance en soi. La faute à des évaluations trop systématiques et suspicieuses.
L'éducation est un levier essentiel de l'écologie politique puisqu'elle prépare l'avenir des plus jeunes. Nous prônons la formation tout au long de la vie car il faut lever la tête et ne pas s'enfermer dans une gestion à court terme. Après avoir pillé la nature, on est en train de gâcher la jeunesse.