L'Assemblée nationale a adopté ce mardi, à l'unanimité des députés ayant pris part au vote (434), une résolution UMP contre le port du voile intégral, première étape avant l'examen en juillet du projet de loi l'interdisant dans tout l'espace public. Le caractère polémique de ce débat a eu effet de faire renforcer les conditions de sécurité de l'Assemblée.
La résolution juge notamment «nécessaire» que «tous les moyens utiles soient mis en oeuvre pour assurer la protection effective des femmes qui auraient subi des violences ou des pressions, et notamment auraient été contraintes de porter un voile intégral contre leur gré».
Une résolution sans aucun pouvoir contraignant
Procédure parlementaire née de la révision constitutionnelle de 2008, la résolution n'a cependant aucun pouvoir contraignant. Celle des députés UMP et de leur président, Jean-François Copé, réaffirme le principe d'égalité entre hommes et femmes. Seule allusion au voile intégral: cette tenue est une «pratique radicale contraire aux valeurs de la République».
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L'UMP et le Nouveau Centre avaient annoncé un vote positif, ainsi que les députés PS et PRG. En revanche, les élus PCF devaient quitter l'hémicycle au moment du vote pour ne pas cautionner une «opération» de «stigmatisation» des musulmans.
Dépasser les clivages partisans
«Nous ne pouvons laisser le voile intégral couvrir le visage de notre République», avait lancé plus tôt Jean-François Copé, auteur de la résolution co-signée par la quasi-totalité de son groupe, en appelant lui aussi les députés à dépasser les clivages partisans.
Le PS a apporté un soutien teinté de méfiance. «Nous voterons sans aucune tergiversation cette résolution mais nous le ferons les yeux ouverts... sans illusion» car «nous ne sommes pas dupes», a lancé Jean Glavany en dénonçant une «manoeuvre politicienne».
Oui à la résolution, non au projet de loi d'interdiction générale
Oui à la résolution, non au projet de loi d'interdiction générale, a répété la numéro un du PS, Martine Aubry, pour qui «interdire sur l'ensemble de l'espace public ne sera pas opérant, risque d'être stigmatisant et surtout inefficace car totalement inappliqué».
A l'unanimité, le groupe PS a adopté ce mardi une contre-proposition qu'il déposera sous forme de proposition de loi. Tenant compte des réserves émises par le Conseil d'Etat, il propose de bannir le voile intégral des services publics et commerces. Donc pas dans la rue.