Il n'y a pas d'«inflexion» de la politique économique, a assuré lundi après midi Nicolas Sarkozy aux représentants des syndicats, lors du sommet social. Et encore moins de «rigueur», terme tabou au sein du gouvernement, malgré l'annonce jeudi d'un gel des dépenses de l'Etat pour trois ans. «Nous devons mener non une politique de rigueur, mais une politique responsable, c'est un enjeu de crédibilité», a insisté le chef de l'Etat, en ouverture du sommet. «Nous avons un objectif clair, celui de redresser nos finances publiques. C'était notre objectif avant cette crise financière et cela le demeure. Nous ne changeons pas de cap. Nous maintenons notre stratégie», a-t-il assuré devant les partenaires sociaux. Et pour redresser les finances publiques, il faut bien faire quelques économies.
Ce sommet social était justement l’occasion pour Nicolas Sarkozy de faire le point sur les mesures anticrises prises un an plus tôt, avec les partenaires sociaux. Les plus efficaces seront conservées et les moins efficaces seront supprimées, expliquait en substance l’Elysée, avant la réunion. 20minutes.fr fait le point sur les annonces, qui privilégient les aides à l’emploi mais sanctionnent les aides pour le pouvoir d’achat
Les aides au chômage partiel devraient être prolongées, le chef de l’Etat s’est dit favorable à ce dispositif qui permet aux entreprises en difficulté de pratiquer de longues périodes de chômage partiel lorsque l’activité connaît un creux. Quelque 400.000 personnes sont concernées par cette aide de l’Etat, qui permet à l’employé de mieux indemniser les salariés, à hauteur de 60% à 75% du salaire brut.
Même approche pour les aides à l’apprentissage. Le «Plan urgence jeunes» d’avril 2009 et qui incite financièrement à recruter des jeunes en contrat «pro» ou en alternance, devrait être reconduit jusqu'à la fin 2010. Ces mesures donnent des «résultats encourageants mais fragiles», a reconnu Nicolas Sarkozy. «Nous ne pouvons pas risquer de les mettre en péril», a-t-il dit.
En revanche, le dispositif «zéro charges» pour les très petites entreprises (TPE), qui permet l’exonération des charges sociales pour les embauches dans les entreprises de moins de dix salariés est jugé «moins nécessaire» par Nicolas Sarkozy grâce à «l'amorce de reprise» et il devrait donc être arrêté fin juin. Ces exonérations pourraient toutefois être pérénnisées pour l'embauche de seniors, mais à une échéance non précisée.
Les aides exceptionnelles aux ménages les plus fragiles ne seront pas reconduites. «Ces mesures exceptionnelles ont parfaitement rempli leur office puisque la consommation française a progressé malgré la crise» et «la demande des ménages continue aujourd'hui à bien résister», a assuré Nicolas Sarkozy, ce que ne montrent toutefois pas les prévisions de l’Insee. Ces coups de pouces avaient pris la forme d'une prime exceptionnelle de 150 euros pour trois millions de foyers modestes et deux acomptes dus au titre de l'impôt sur le revenu 2008 avaient été supprimés pour la première tranche d'imposition ou juste au-dessus.
La réforme des retraites ne devait pas être au menu des discussions, mais Nicolas Sarkozy a tenu à évoquer le sujet devant les partenaires sociaux, promettant une réforme «juste». Il ne devrait pas y avoir de hausse des prélèvements obligatoires pour financer la réforme des retraites, a déclaré Nicolas Sakozy, confirmant toutefois qu'un effort serait demandé aux hauts revenus et aux revenus du capital. C'est la première fois que le chef de l'Etat évoque officiellement cette piste, même s'il n'a pas donné plus de détail.
Nicolas Sarkozy a en revanche dit ce qu'il ne voulait pas: «toucher aux pensions des retraités et croire, comme trop souvent dans le passé, que la hausse des prélèvements obligatoires pourrait être la réponse à toutes nos difficultés». Ces pistes équivaudraient, pour lui, à réduire le niveau de vie des Français et à pénaliser la croissance. Le chef de l'Etat a plutôt évoqué le report de l'âge légal de départ à la retraite ou l'augmentation de la durée de cotisation. Nicolas Sarkozy a enfin confirmé que le ministre du Travail Eric Woerth rendrait public la semaine prochaine un document d'orientation sur la réforme des retraites.