Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, le 14 mars 2010 à Paris.
Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit, le 14 mars 2010 à Paris. - B.GUAY/AFP

M.P.

Europe Ecologie (EE) se cherche. L’appel du 22 mars de Daniel Cohn-Bendit, où il appelait le mouvement à se structurer en «coopérative politique», n’a pas rencontré le succès escompté auprès des Verts. Du moins auprès de sa direction - Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé - qui redoute une dissolution du parti politique, la colonne vertébrale organisationnelle d’EE. Les deux camps ont échangé des mots durs par presse interposée. A la veille de la tenue des «conventions régionales» du mouvement, première étape de la restructuration de l’écologie politique, il était urgent pour Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot  d’afficher au moins une unité de façade.

La partition a été parfaitement jouée lors d’une conférence de presse, tenue vendredi dans un restaurant parisien. «Oui, moi j'aime bien Daniel Cohn-Bendit. C'est clair, net et précis. Oui, il y a des fois où on n'est pas d'accord, mais (...) quand on a vécu les dix dernières années chez les Verts, on ne peut être aujourd'hui qu'enthousiaste», a lancé la leader des Verts. Cohn-Bendit n’a pas été en reste, clamant son admiration pour «Cécile qui a su mener la barque Europe Ecologie à l'intérieur des Verts», ce qui  «n'était pas simple». «Elle l'a fait brillamment et avec succès», a-t-il ajouté reconnaissant lui aussi des «différences».

«Cher Dany et chère Cécile, tendez-vous la main»

Ces «différences» sont loin d’être de simples détails, puisqu’il s’agit de la manière d’envisager l’avenir d’Europe Ecologie.  «Nous sommes tous confrontés à une métamorphose nécessaire. (…) Il faut que tout le monde change», a commencé «Dany», avant d’ajouter, plus conciliant: «Nous tous, on est dépassés par ce qu'on a créé, sinon on ne comprendrait pas les tergiversations, les hésitations». La patronne des Verts a également fait preuve de diplomatie, assurant vouloir «construire un mouvement commun, une nouvelle forme de militance». Mais prêchant pour son camp, elle a rappelé que si les formes des partis traditionnels «sont un peu usées, fatiguées. En même temps, elles sont nécessaires pour faire vivre la démocratie».

Les questions d’organisations commenceront être abordées dès ce week-end, lors des «conventions régionales». De nombreuses personnalités se sont fait entendre ces dernières semaines pour appeler les leaders de chaque camps à mettre un terme aux dissensions pour éviter de gâcher le belle dynamique d’Europe Ecologie. Jeudi, trois responsables d’EE, Philippe Meirieu, Robert Lion et Eric Loiselet, élus en mars conseillers régionaux, ont adressé une lettre ouverte aux deux leaders pour les prier de revenir à de meilleurs sentiments. «Cher Dany et chère Cécile, tendez-vous la main et asseyez-vous côte-à-côte», les exhortent-ils, pour parvenir à transformer Europe Ecologie en un «parti politique de plein exercice» dans les six mois à venir.