Les dépenses de l'Etat gelées jusqu'en 2013

DEFICIT Seul le paiement des pensions de retraites et des intérêts de la dette ne seront pas concernés...

M.P. avec agence

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Le Premier ministre François Fillon souhaite ramener le déficit public « en dessous des 3 % à l'horizon 2014 ».

Le Premier ministre François Fillon souhaite ramener le déficit public « en dessous des 3 % à l'horizon 2014 ». —

Un parfum de rigueur plane sur la France. Le mot n'a pas été prononcé mais sur TF1 mercredi soir, François Fillon avait prévenu qu'il prendrait dans les prochaines semaines des «décisions difficiles», notamment en matière de dépenses sociales. Jeudi, le chef de gouvernement a d'ores et déjà annoncé, via un communiqué de ses services, que les dépenses de l'Etat seront gelées pour les trois prochaines années. Seul le paiement des pensions de retraites et des intérêts de la dette ne seront pas concernés par cette mesure restrictive, indique le texte publié à l'issue d'un séminaire gouvernemental consacré à la lutte contre le déficit public.

Cela signifie que l'Etat ne dépensera pas plus d'argent en 2011, 2012 et 2013 qu'en 2010, quelle que soit l'inflation. Désormais le «pouvoir d'achat» de l'Etat sera donc réduit d'autant que l'inflation chaque année. Lors du séminaire, François Fillon a «demandé aux ministres de veiller à ce que, en 2010, la dépense soit strictement tenue au niveau prévu par la loi de finances votée par le Parlement», assure le communiqué. Il leur adressera d'ici les prochains jours une lettre de cadrage «qui rappellera l'ensemble de ces exigences».


«Réexamen» des aides


L'objectif est toujours de réduire le déficit à 3% du PIB d'ici à 2013, ce qui nécessite des coupes drastiques puisqu'il est évalué à 8% du PIB cette année. «Les dépenses de fonctionnement courant de l'Etat diminueront de 10% en trois ans, avec une baisse de 5% dès 2011». Pour y parvenir l'Etat compte «adopter d'ici à la fin de l'année un programme de cinq milliards d'euros d'économies sur deux ans» en réduisant les niches fiscales et sociales. De même, «la politique de non remplacement d'un départ à la retraite sur deux sera poursuivie dans la Fonction publique». Enfin, les aides économiques, les aides à l'emploi et les aides sociales, seront soumis à «un réexamen», a averti le Premier ministre.

Pour conclure, François Fillon a insisté sur l'importance de ce budget triennal pour «assurer la crédibilité de notre stratégie de redressement des comptes publics» vis-à-vis de l'Union européenne. Trois ans pile après l'accession de Nicolas Sarkozy à la tête de la France, le tournant de la rigueur semble avoir été engagé.

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