Crèches, assistantes maternelles, jardins d'éveils: ce qui coince

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Publié le 6 mai 2010.

GREVE - Pourquoi les projets du gouvernement inquiètent les professionnels de la petite enfance?

De moins en moins d'assistantes maternelles et de places en crèche et une scolarisation avant 3 ans qui recule. Suffisant pour assouplir les règles de prise en charge des jeunes enfants? Oui, répond le gouvernement. Sûrement pas, rétorque le collectif Pas de bébés à la consigne, qui a appelé ce jeudi à une nouvelle grève générale dans les crèches. 20minutes.fr fait le point sur les propositions qui coincent.

Des maisons d'assistantes maternelles

Ces professionnelles manquent cruellement. L'idée serait donc de leur permettre d'accueillir 4 enfants au lieu de 3 actuellement, et de se réunir. Ce qui reviendrait à créer, hors de leur domicile, une structure regroupant quatre assistantes maternelles pouvant donc accueillir 16 enfants maximum. Une proposition de loi sénatoriale en ce sens a été votée mardi à l'Assemblée.

Ce qui coince
«Ce sont des crèches déguisées», a dénoncé Corinne Chaillon, de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (Fneje), alors que «les assistantes maternelles n'ont pas l'expérience de l'accueil collectif», selon Sandra Onyszko, de l'Union fédérative nationale des associations de familles d’accueil et assistantes maternelles (Ufnafaam)

Plus d'enfants, mais des personnels moins qualifiés dans les crèches

Un décret envisage d'abaisser le niveau de qualification des personnels en diminuant la proportion des plus qualifiés (éducateurs de jeunes enfants, puéricultrices et auxiliaires de puériculture) au profit des titulaires de BEP ou CAP.  Le projet envisage, en outre, de permettre ponctuellement aux crèches d'accueillir plus d'enfants.

>> Vers moins de sécurité dans les crèches? Notre décryptage est par ici.

Ce qui coince
Selon Christophe Harnois, porte parole du collectif Pas de bébés à la consigne, interrogé par 20minutes.fr, c'est une «remise en cause du projet éducatif». Un avis partagé par Bernard Golse, chef du service de pédopsychiatrie de l'hôpital Necker à Paris. «Depuis 50 ans, on sait beaucoup mieux ce dont les bébés ont besoin pour pouvoir se socialiser», explique-t-il en déplorant que les mesures envisagées sont «contraires à tout ce qu'on a appris». «Il ne suffit pas de plonger un enfant dans une crèche pour que la socialisation soit faite» et «il est très important de maintenir la qualification des personnes et le ratio adultes/enfants», ajoute le pédopsychiatre, qui estime aussi que le gouvernement a d'abord un «souci d'économies».

Des jardins d'éveil expérimentaux

Un projet envisage la création d'ici à 2012 de 8.000 places de jardins d’éveil pour les deux à trois ans. Ce type de structure «intermédiaire» avait été évoqué comme solution alternative à la préscolarisation en école maternelle. Un adulte y aurait la charge de 8 à 12 enfants, contre 8 maximum en crèche actuellement.

Ce qui coince
Ces structures «vont dans le même sens» d'une «moindre qualité», que les mesures envisagées dans les crèches, selon Agnès Florin, professeur de psychologie de l'enfant à l'université de Nantes.

J. M. avec agence
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