Deux ans de ferme requis contre Charles Pasqua

41 contributions
Publié le 29 avril 2010.

JUSTICE - Après deux semaines de procès, la Cour de justice de la République va rendre son verdict vendredi à midi...

Qui est vraiment Charles Pasqua? Pour rendre leur verdict, vendredi midi, les douze parlementaires et trois magistrats qui composent la Cour de justice de la République (CJR) devront d’abord répondre à cette question. Dans un procès où n’ont émergé ni «preuve scientifique», ni «aveu», seule leur «intime conviction» pourra les guider  à trancher dans ces trois affaires de malversations financières dans lesquelles aurait trempé Pasqua, lors de son passage, Place Beauvau.

 

Un «faisceau d’indices»

 

Hier, Yves Charpenel et Léon Lev Forster ont livré la leur. L’avocat général et celui de la défense se connaissent bien. Ils s’apprécient, même. Mais, bien sûr, ils ne sont pas d’accord. A l’heure de requérir sévèrement quatre ans de prison, dont deux ferme, 200.000 euros d’amende et l’interdiction des droits électifs, Yves Charpenel a décrit Charles Pasqua comme un «homme de caractère» qui s’était «écarté du droit chemin».

Debout sur son estrade pendant près de deux heures, l’avocat général l’a avoué: seul un «faisceau d’indices» lui permet d’accuser Charles Pasqua d’avoir détourné de l’argent. «Mais il faut une peine, dont la portée symbolique, rappelle la gravité des faits.»

 

De Gaulle et la femme de Pasqua

 

Léon Lev Forster n’a pas pris beaucoup de notes pendant ce réquisitoire. A peine a-t-il gribouillé deux ou trois phrases sur sa pochette verte. Pas vraiment besoin. Depuis longtemps, l’avocat s’est forgé sa propre opinion sur son client. A gauche, à droite, en avant, en arrière, il fait les cent pas dans le prétoire comme pour mieux décrire la «suspicion permanente» qui colle à la peau du gaulliste de 83 ans.

«Avant même d’ouvrir le dossier, vous aviez déjà une impression de culpabilité», assène-t-il aux juges. Ouvrant sa pochette, il tente alors de nuancer le tableau. A l’intérieur, il sort une lettre de De Gaulle illustrant le passé de résistant de Pasqua. Et pour décrire la fidélité du prévenu, il commence par s’excuser et évoque sa femme depuis 60 ans devant laquelle il a toujours «les yeux d’un ado de 15 ans». «Le doute doit toujours profiter à l’accusé», conclut-il.

>> Charles Pasqua et la justice, une histoire à tiroirs

Vincent Vantighem

Verdict

Les douze parlementaires et les trois magistrats qui composent la Cour de justice de la République voteront à bulletin secret pour établir la culpabilité, ou non, de Charles Pasqua. Ils devront ensuite «motiver» leur jugement comme lors d’une audience correctionnelle. S’il était condamné, Charles Pasqua disposerait encore d’un ultime recours devant la Cour de cassation. Ce serait alors des magistrats professionnels qui le jugeraient lors d’un nouveau procès.

Mots-clés
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr