La polémique autour de la photo politiquement incorrecte rebondit, un mois après. Après Charles-Ange Ginésy, député-maire de Peone-Valberg, et la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie, c’est au tour de deux autres ministres, Christian Estrosi et Brice Hortefeux, de s’emparer de l’affaire.
Le ministre de l’Industrie et maire de Nice Christian Estrosi s’est dit ce vendredi «scandalisé» par la photographie exposée dans sa ville, montrant un homme s'essuyant le postérieur avec le drapeau français. Il propose de légiférer pour interdire les «outrages aux emblèmes nationaux», si un décret en ce sens était impossible.
Selon le ministre, on fait ainsi «un bien mauvais usage de la liberté d'expression». «La loi protège peut-être les créateurs et les artistes et plus généralement toutes les opinions qui s'expriment, mais si je suis très attaché à cette liberté, je suis tout aussi attaché à ce qu'on respecte les emblèmes nationaux», dit-il.
Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a pour sa part affirmé que «les valeurs et les symboles de la République doivent être respectés, partout et par tous», souligne le ministre dans un communiqué.
Le ministre a «tenu» à s'entretenir avec Christophe Cuvillier, le président de la Fnac, organisatrice d'un concours où la photographie avait été retenue, mais qui n'avait finalement pas été exposée, pour lui faire «part au nom du président de la République et du gouvernement, de la très vive émotion de nos compatriotes», après que le drapeau tricolore «a subi un outrage inacceptable», relève-t-il.
«Personne ne peut tolérer que soit ainsi bafoué le symbole de notre République, consacré par l'article 2 de la Constitution, personne ne peut accepter que la liberté d'expression soit détournée au mépris de l'emblème de notre pays», ajoute Brice Hortefeux. Selon lui, le président de la Fnac, qui avait décidé de retirer la photo de l'exposition, «s'est engagé à veiller à ce que les futurs concours et expositions organisés par cette société ne puissent plus donner lieu à de tels errements».