On ne rigole plus à Disneyland. Derrière les costumes de Blanche Neige ou de Dingo tout sourires, se cachent des employés en mal de vivre. En effet, trois cas de suicides ont été recensés dans le parc, dont celui de Rabii Hourourou qui a fait l’objet d’une enquête. Après une première réunion du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) qui écartait tout lien de causalité entre ces suicides et la direction, une réunion extraordinaire s’est tenue ce jeudi. Blanchie de toute responsabilité, la direction a toutefois souhaité présenter son dispositif de mesures pour en finir avec ce malaise.
Dans l’immédiat, le royaume de Mickey compte augmenter le nombre de psychologues (de deux à quatre vacations par mois) et renforcer l’encadrement des personnes fragilisées. Pour sonder les signes de détresse chez les salariés, il souhaite aussi développer «la proximité des responsables des ressources humaines et de la médecine du travail auprès des équipes».
Simultanément, l’entreprise lance trois études pour «échanger et partager un diagnostic commun de la situation sociale». Pour ce faire, un audit social sera engagé, dont les résultats devraient être rendus fin juillet. Il permettra d’analyser les conditions de travail, à savoir l’ambiance et les relations avec la hiérarchie. En parallèle, la direction souhaite enquêter pour connaître l’opinion de ses salariés. Le bilan devrait être remis en septembre. Le troisième dispositif repose sur une mission d’expertise médicale pour découvrir l’état de santé psychologique des salariés.
La mission d’enquête CHSTC, diligentée à la demande des syndicats, s’attardait davantage sur les conditions de travail entre l’employé et ses collègues que sur l’éventuelle responsabilité de la hiérarchie. Selon David Charpentier, délégué Force ouvrière, contacté par 20minutes.fr, le rapport ne mentionne pas la plainte déposée par le suicidé. Celle-ci mettait en cause l’une des personnes qui a justement mené l’enquête. La direction nie cependant toute responsabilité. Elle n’en demeure pas moins dans l’urgence de trouver une réponse adéquate à la détresse de ses salariés.