L’institut national du cancer (INCa) a rendu public ce jeudi un rapport sur la guérison des cancers. Selon l’étude, sur 320.000 patients diagnostiqués, «au moins 120.000 guériront». Le Professeur Véronique Diéras, oncologue médical à l’Institut Curie explique à 20minutes.fr le sens de cette notion et la limite entre rémission et guérison.
Le terme varie en fonction des pathologies. Il existe des cancers qu’on est pratiquement certains de pouvoir guérir et d’autres devant lesquels on réside impuissant. Pour être en mesure de parler de guérison, il faut un délai de cinq ans, au minimum, sans rechute. Evidemment, il n’existe jamais de guérison à 100%. Le rapport de l’INCa explique bien les trois catégories de cancers: les bons pronostics, les pronostics intermédiaires et les mauvais pronostics. Pour certains cancers, au-delà de cinq ans, on peut vraiment parler de guérison.
Le facteur temps est indispensable pour tracer la frontière entre ces deux notions. On parle de «rémission» lorsque le délai de cinq ans n’est pas encore écoulé. Si vous voulez, la guérison, c’est une rémission qui se prolonge.
Il existe des cancers que l’on soigne vraiment, notamment chez les sujets jeunes. Parfois, on arrête de suivre certains patients parce qu’il ne subsiste plus de risque, au bout des cinq ans. Pour certains cancers des testicules ou des seins, notamment. De plus, un patient guéri d’un cancer ORL lié au tabac peut contracter un autre cancer, des poumons par exemple, sans qu’il s’agisse d’une rechute. Dans ce cas, ils sont seulement liés tous les deux au facteur risque lié à la cigarette. En somme, on ne peut pas parler de cancer en général comme on parlerait de la tuberculose. Il existe une multitude de cancers.