Cela faisait longtemps que Sarkozy n’avait pas repris le dossier de la sécurité en main. Le voilà qui s’empare du sujet ce mercredi en organisant un déjeuner avec tous les syndicats de police. Déjà, mardi, le Président avait profité de l’installation du nouveau préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, ancien patron du Raid, pour enchaîner les annonces sur la sécurité, se substituant ainsi à son ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Entre les lignes de bus caillassées, les trafiquants de drogues et les halls d’immeuble, il est revenu sur ses sujets de prédilection.
De quoi le déjeuner avec les représentants des syndicats de police sera fait? Bonne question car eux-mêmes n’en ont aucune idée. L’Unsa pointe à 20minutes.fr que même «le secrétaire général ignore les raisons de cette invitation».
De son côté, Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint de Synergie, affiche son enthousiasme devant cette marque de considération pour les policiers. «Nous ne savons pas si une annonce particulière sera faite à cette occasion, mais nous attendons qu’une véritable stratégie soit réaffirmée par le chef de l’Etat», précise-t-il.
Il décrit en effet certaines incohérences dont la police est victime. «On ne peut pas demander d’un côté que les policiers soient efficaces et, d’un autre, nous retirer les moyens juridiques qui nous permettent de travailler», reprend-t-il. L’exemple de loi sur les halls d’immeuble est patent. Alors que la loi existe depuis deux ans, certains magistrats ont refusé de l’appliquer la considérant comme une violence sociale. La justice ne prononce pas de peine dans ces affaires et la police se voit décrédibilisée. Sans compter les violences (60 policiers blessés par jour) et le malaise ambiant lié à la stigmatisation des garde-à-vue par les médias. Le menu sera copieux.