Sept des huit organisations syndicales ont décidé lundi d'étudier ensemble le financement des retraites, un aspect qu'elles jugent complètement délaissé dans la réforme préparée par les pouvoirs publics, a-t-on appris de sources syndicales.
Se sont réunis pendant 2h30 au siège de la CGT les responsables de la protection sociale CFDT, CFE-CGC, CGT, CFTC, FSU, Unsa (autonomes) et Solidaires pour tenter d'harmoniser les positions entre centrales syndicales, divergentes à propos de plusieurs volets du dossier. FO, qui ne participe plus aux réunions intersyndicales depuis de longues semaines, n'était pas représenté.
Les participants ont décidé de se revoir le 3 mai dans un groupe de travail qui planchera notamment sur les moyens de financer les régimes de retraite, dont les besoins de financement pourraient se situer à l'horizon 2020 dans une fourchette située entre 41 et 49 milliards d'euros (de 70 à 114 mds à l'horizon 2050), selon le Conseil d'orientation des retraites (COR).
Ce groupe de travail se penchera aussi sur les questions de «solidarité», notamment à l'égard des femmes et des jeunes, souvent présentés comme des laissés-pour-compte du système, et sur la reconnaissance de la pénibilité au travail dans l'ouverture des droits à la retraite.
«On a pu vérifier que tout le monde posait la question du financement comme une question primordiale», a déclaré Pierre Khalfa (Solidaires), accusant le ministre du Travail, Eric Woerth, de l'avoir «mise de côté de façon assez méprisante». Eric Aubin (CGT) a rappelé que, sur les quatre réunions thématiques avec les partenaires sociaux concernant les retraites, «aucune ne concerne le financement». Pour Jean-Louis Malys (CFDT), «le gouvernement ne pourra pas s'exonérer de financements plus socialisés, qui concernent tout le monde».
Autre point de large convergence, la revendication de maintenir l'âge légal de départ en retraite à 60 ans. Seule la CFE-CGC «est un peu hésitante» sur ce point, ne souhaitant pas l'exclure, ont rapporté des participants. Cette réserve mise à part, «tout le monde est d'accord pour dire que l'âge légal est non négociable», a précisé Eric Aubin.
Comme d'autres, Jean-Louis Malys n'a pas caché néanmoins qu'il existait «de vraies divergences» entre syndicats. «On a refusé (d'écrire) un texte avec un plus petit dénominateur commun», a-t-il rapporté. Selon lui, le groupe de travail intersyndical doit «déboucher sur des messages forts au gouvernement et aux salariés» et «donnner à l'intersyndicale des outils pour se positionner». Celle-ci doit se réunir le 26 avril, en vue d'impulser la mobilisation commune pour le 1er mai, Fête du travail.