Après 13 jours de grève, le mouvement à la SNCF pourrait bien arriver à terme prochainement. Depuis le début de la mobilisation, la CGT-cheminots et Sud-Rail, à l’initiative du mouvement, conditionnaient la fin de la grève à l’ouverture de négociations.
Ce lundi, Guillaume Pepy a confirmé la tenue d’une réunion, mercredi. «On reprend les discussions qui ont été malheureusement interrompues par la grève, à condition qu’on soit dans une dynamique de reprise de travail» a-t-il indiqué sur Europe 1.
La CGT sceptique avant la réunion nationale
Sauf que la CGT apporte peu de crédit à la réunion prévue mercredi. «Je ne sais même pas si elle va se tenir» précise Thierry Roy, secrétaire fédéral, au vu des reconductions de grève dans certaines régions. Mais si c’est le cas, «il faut qu’il y ait un minimum de contenu. Nous ne voulons pas assister à l’élaboration d’un simple calendrier» prévient-il.
La CGT souhaite voir ses revendications débattues: embauche d’au moins 2.000 cheminots, revalorisation des salaires, mise en question de la réorganisation de l’entreprise…
Le syndicat distingue également négociations régionales et nationales. Or selon Thierry Roy, si «les rapports de force ont permis l’ouverture de discussions localement, il y a toujours des blocages au niveau national.»
De plus, «les négociations sont très différentes d’une région à l’autre. C’est pourquoi certaines reconduisent le mouvement, et d’autres non.»
«Une vraie prise en compte des problématiques»
En région PACA, la grève a cessé samedi. Une réunion a lieu ce lundi, avant une table ronde en présence du préfet. «C’est une vraie prise en compte des problématiques que nous soulevions» souligne Thierry Meglio, secrétaire fédéral CGT dans la région. Le syndicat demandait des discussions à propos des emplois et restructurations dans l’entreprise.
«La direction veut séparer les différentes activités: TER, TGV et fret. Ce qui fait que dans un avenir proche, les agents seraient dédiés à un service particulier, alors qu’aujourd’hui ils sont polyvalents et les moyens des branches sont mutualisés. Un conducteur de fret peut conduire un train Corail si besoin, ce ne sera plus le cas si les activités sont séparées.» Pour le syndicaliste, ce changement aura un impact sur «la régularité des trains» dans la région qui est déjà «la moins performante de France» dans ce domaine mais aussi sur les embauches.
Sud-Rail ne souhaite pas la fin de la grève
De son côté, Sud-Rail n’est pour l’instant pas dans une démarche de suspension de la grève, contrairement à la CGT, qui l’envisage. «Pour l’instant, on n’a aucune avancée par rapport à l’ouverture de négociations», explique Nathalie Bonnet, secrétaire fédérale. «Tout ce qu’on nous propose c’est une réunion le 21 avril mais qui est soumise à la reprise du travail, ce qui n’est absolument pas le cas pour l’instant.»
La secrétaire fédérale juge les réunions en régions décevantes: la direction a simplement «répété qu’il n’y aurait pas de négociation avant la fin de la grève» et n’a fait que «prévoir d’autres réunions». Pour la secrétaire fédérale, «il n’y a rien eu, notamment sur les questions d’emploi.»