Une issue pour les chômeurs en fins de droits

SOCIAL Gouvernement et partenaires sociaux sont parvenus à un accord...

Delphine Bancaud

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Nicolas Sarkozy, accompagné de Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, en visite dans un centre Pôle emploi le 15 avril 2010.

Nicolas Sarkozy, accompagné de Christine Lagarde et Laurent Wauquiez, en visite dans un centre Pôle emploi le 15 avril 2010. — PHILIPPE WOJAZER

«Nous ne laisserons personne sur le bord de la route.» Nicolas Sarkozy s’est engagé jeudi, lors de sa visite du Pôle emploi de Gonesse (Val-d’Oise), à trouver une solution pour tous chômeurs arrivant en fin de droits en 2010 et qui se retrouveraient sans ressources. Un vœu près d’être exaucé, les partenaires sociaux et le gouvernement étant parvenus à un accord jeudi soir sur ce dossier épineux. Et ce à l’issue d’une trentaine de réunions, alors que le gouvernement avait initialement prévu de régler cette question avant la fin mars. «Notre pays n’a jamais fait un tel effort pour les chômeurs en fin de droits », s’est félicité le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez.

 

Des contrats aidés ou des formations

 

«Ce plan mise sur des mesures favorisant le retour à l’emploi», a insisté Laurent Wauquiez, le gouvernement refusant une logique d’assistanat. Près de 170.000 contrats aidés (120.000 dans des associations et des collectivités territoriales et 50.000 dans le privé) d’environ un an seront ainsi proposés aux fins de droits.

 

Ces contrats seront rémunérés 600 € par mois dans le secteur public et 960 € dans le privé. Autre mesure: la mise en œuvre de 70.000 formations rémunérées. «Celles-ci seront longues et professionnalisantes pour favoriser les reconversions», a précisé Laurent Wauquiez. Outre la prise en charge de ses frais pédagogique, le demandeur d’emploi touchera 650€ par mois.

 

Une allocation temporaire créée

 

Ces deux premières solutions ne pouvant bénéficier à tous les chômeurs en fin de droits, les partenaires sociaux et le gouvernement ont également décidé de créer une aide exceptionnelle de retour à l’emploi, qui pourrait concerner entre 70.000  et 110.000 personnes.

Qualifiée de « filet de sécurité » par Nicolas Sarkozy, elle atteindra 456 € mensuels et sera limitée à six mois. Le Président a par ailleurs insisté sur le fait qu’elle ne pourrait pas être octroyée aux personnes ayant précédemment refusé une formation rémunérée ou un contrat aidé.
 
Au final l’ensemble de ces nouvelles mesures devrait coûter 705  millions d’euros. L’Etat prendra à sa charge environ 300  millions, de même que l’Unédic. Le solde devrait être couvert par le fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnel. Pour leur part, les régions devraient apporter 133 millions supplémentaires spécifiquement dédiés à la formation.

La mise en œuvre de ce plan devrait être effective dès le 1er juin. Pas question en revanche d’imaginer reconduire un tel dispositif pour 2011, le gouvernement tablant sur un redémarrage du marché de l’emploi.

Qui sont-ils?
Environ 360.000 chômeurs en fin de droits pourraient se retrouver sans aucun revenu en 2010, faute d’avoir décroché un nouvel emploi ou de remplir les conditions pour être éligibles à une aide. La moitié d’entre eux font partie de la classe moyenne.