Les discussions sur la réforme des retraites s’annoncent polémiques. Le secrétaire général de la CGT Bernard Thilbault a averti jeudi qu'un «conflit» était «inévitable». «Si le gouvernement persiste à vouloir maintenir des discussions telles que le Medef souhaite les avoir, à savoir jouer uniquement sur les curseurs : âge de départ et durée de cotisations nécessaire pour avoir ses droits à la retraite, le conflit m'apparaît inévitable», a-t-il déclaré sur RTL.
Pour lui, «l'effet de la crise économique sur les systèmes de retraites pour les années qui viennent se chiffre à plus de 600 milliards d'euros et ça, ça n'est pas de la responsabilité des salariés et ce n'est donc pas aux salariés de payer cette facture».
Bernard Thibault a de nouveau plaidé pour que les cotisations sociales portent «sur l'ensemble des revenus et pas seulement les revenus du travail». Il a appelé à une large mobilisation sur les retraites le 1er mai, qualifié de «rendez-vous crucial», estimant que «le gouvernement ne rédigera pas la même loi s'il y a énormément de monde» dans les défilés.
«Si l'on exclut comme le fait le patronat et semble-t-il le gouvernement l'appel à des ressources supplémentaires pour financer des retraites (...) ça voudrait dire» qu'il «faudrait décréter le report de l'âge de la retraite à 72 ans: c'est inimaginable», a-t-il ajouté. Il a dénoncé «la posture du président de la République affirmant «on ne doit pas diminuer le niveau des pensions», ce à quoi nous ne croyons pas compte tenu des projections».
«Nous nous opposerons résolument et singulièrement dès le 1er mai aux restrictions des droits des retraités actuels ou des futurs retraités», a prévenu le leader de la CGT, rappelant que les salariés «paient déjà la facture avec le chômage et la pression sur les salaires».