Luc Chatel rend une copie hors sujet

éducation En clôture des états généraux de la sécurité à l'école, le ministre a déçu les participants

Vincent Vantighem

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Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, à l'ouverture des états généraux, mercredi.

Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, à l'ouverture des états généraux, mercredi. — L. BONAVENTURE / AFP

La violence engendre la violence. Enfermés depuis deux jours à la Sorbonne, les participants aux états généraux de la sécurité à l'école ont laissé, hier midi, échappé leur colère après les orientations données par Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale. « Ses annonces sont scandaleuses, nous a confié Antoine Evennou, président de l'Union nationale lycéenne (UNL). On a eu deux jours de travail positifs. Et le ministre fait des propositions qui vont à l'opposé… La communauté éducative ne s'y retrouve pas. »

Prévention versus répression
En clôture du colloque, le ministre a, notamment, annoncé son intention de « doubler les effectifs » des équipes mobiles de sécurité dans « les académies les plus exposées à la violence » et de « redonner du sens aux sanctions scolaires ».
Une charte des bonnes pratiques devrait fixer dès la rentrée prochaine « les règles élémentaires de civilité et de comportement ». En cas de non-respect, les fauteurs de troubles pourront être « sortis de classe » et « placés dans des structures adaptées ».
Quant aux allocations familiales, elles pourront être supprimées plus facilement aux parents dont l'enfant a quitté les bancs de l'école, comme Nicolas Sarkozy l'avait demandé. « C'est une mascarade, a réagi Toufike Mohamed, président de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). Nos deux jours de débat n'ont servi à rien. »

« Une plaie non désinfectée »
Outre les mesures générales, Luc Chatel entend aussi s'attaquer aux racines de la violence. Il a ainsi annoncé la création d'un nouveau programme dans « les établissements concentrant le plus de difficultés ». Dans ces collèges et lycées, une attention particulière devrait être portée à « la stabilité des équipes » et à la désignation d'un « préfet des études ». Antoine Evennou est dubitatif : « C'est comme si on mettait un pansement sur une plaie non désinfectée. »

formation

Luc Chatel a aussi annoncé son intention de renforcer la formation des professeurs dès la rentrée prochaine. Chaque étudiant en master qui prépare les concours d'enseignants bénéficiera d'« une formation spécifique à la gestion des conflits » et chaque professeur nouvellement recruté suivra « lors de son année de stage, un module de formation sur la tenue de classe ». En outre, une conférence sur le « rythme scolaire » devrait avoir lieu.

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