Le jeûne et les pratiques spirituelles mal encadrés dans le viseur. Néo-chamans et nutritionnistes fantaisistes sont au coeur du rapport annuel de Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) publié mercredi et qui prévient des effets dévastateurs de ces pratiques en plein développement.
La Miviludes pointe l’apparition de nouveaux guides, qui prospèrent au nom de l'épanouissement spirituel, du développement personnel et de la purification du corps. Elle souligne les dangers de techniques mal maîtrisées qui peuvent entrainer emprise psychologique et rupture sociale, deux caractéristiques de la dérive sectaire.
La mission ne remet pas en cause le pouvoir du chaman traditionnel ni sa connaissance des plantes hallucinogènes locales. Elle s'inquiète en revanche de l'action de gourous, décrits par Georges Fenech, président de la Miviludes, comme «des Occidentaux qui s'accaparent ces techniques ancestrales plusieurs fois millénaires sans formation et sans contrôle médical», et qui proposent le «voyage» sans avoir la maîtrise des techniques ancestrales citant des cas de morts, de folie et de comas parmi des adeptes. Elle rappelle aussi que parmi les produits utilisés, l'iboga et l'ayalhuasca sont classés comme stupéfiants, que le datura et la «sauge des devins»sont des hallucinogènes.
La Miviludes consacre également un chapitre à la nutrition et à ses dérives possibles, relevant les risques du jeûne excessif ou du régime exclusivement végétalien pour les enfants, de l'abandon des médecines classiques au profit de régimes censés guérir tous les maux, y compris le cancer, des stages associant le jeûne et la randonnée jusqu'à l'épuisement.
Elle propose notamment de développer l'expertise scientifique des produits autour de la nutrition, régimes et compléments alimentaires et de lutter contre les infractions au titre de l'exercice illégal de la médecine ou de la pharmacie.
Au sujet des mineurs, la Mission consacre un chapitre aux droits de l'enfant face aux convictions de ses parents et au rôle du juge dans une situation de conflit, particulièrement en ce qui concerne l'attribution de l'autorité parentale au moment d'une séparation.
Selon Georges Fenech, les dérives sectaires, caractérisées notamment par l'emprise morale et la coupure avec l'environnement d'origine, touchent actuellement «500.000 de nos concitoyens, de manière directe ou par ricochet».
Et vous, qu’en pensez-vous? Etes-vous confrontés à ce genre de dérives? Dites-le nous dans les commentaires.