Le non-lieu remis en cause. La justice a ordonné mercredi un supplément d'information pour réexaminer la responsabilité des policiers dans la collision entre leur voiture et une moto qui avait tué deux jeunes en 2007 à Villiers-le-Bel, infirmant le non-lieu en faveur des policiers, selon les avocats des familles.
Araf Sehouli, le père d'une des deux victimes, a réagi sur RTL. «Là, vraiment, je viens d’apprendre une très bonne surprise qui m’a soulagé. Là au moins je sens qu’il y a une justice et qu’elle fait son travail. Parce que d’annoncer un non-lieu comme ça, sans examination, sans rien, maintenant on dirait que mon fils est encore vivant.", explique-t-il.
La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles a ordonné un supplément d'information en vue «de la notification de la mise en examen du conducteur (du véhicule de police) du chef d'homicide involontaire», a déclaré à la presse Me Emmanuel Tordjman à l'issue de l'audience, qui s'est tenue à huis clos.
Les quatre policiers, qui avaient été placés sous le statut de témoin dans cette affaire, seront réentendus, selon l'autre avocat des familles des victimes, Me Jean-Pierre Mignard.
Une ordonnance de non-lieu avait été rendue par un juge d'instruction de Pontoise le 23 octobre dans cette collision entre un véhicule de police et une moto, qui avait coûté la vie à deux adolescents, Mushin et Lakamy, le 25 novembre 2007 et provoqué deux jours de violences entre jeunes et forces de l'ordre.
«La responsabilité évidente selon nous des policiers ne pouvait être niée, quitte à arriver à une responsabilité partagée», a estimé Me Jean-Pierre Mignard, rappelant que les deux adolescents ne portaient pas de casque et roulaient au-dessus de la vitesse autorisée. Me Mignard a également souligné la décision «rarissime» de la chambre de l'instruction de confier la poursuite de l'instruction au président de cette même chambre.