L'organisation de défense de l'environnement Greenpeace s'est vu interdire, hier, la possibilité de perturber le transfert de matières nucléaires par le port du Havre vers la Russie par des filiales d'Areva. Toute infraction vaudra à l'organisation une amende de 75 000 €. En rendant cette décision, le juge des référés du Havre donne raison à Eurodif et TNI, filiales d'Areva, qui avaient réclamé l'interdiction, par avance, des manifestations de Greenpeace.
« Areva veut nous faire taire, mais nous étudions la possibilité de faire appel, a réagi Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace. A chaque fois qu'ils ont tenté de nous empêcher de manifester, ils ont toujours été déboutés. » L'interdiction, qui s'applique jusqu'au 13 avril, ne concerne pas le convoi de MOX, un mélange de plutonium et d'uranium, à destination du Japon que prépare Areva. Le groupe a là aussi saisi la justice. La décision sera rendue ce matin. « On ne veut pas que Greenpeace, par des actions inconsidérées, mette en danger nos salariés, le transport, voire leurs militants », expliquait hier Christophe Neugnot, directeur de la communication de l'usine de retraitement de La Hague (Manche). Chaque convoi de MOX, considéré comme un déchet par Greenpeace, à destination du Japon est l'objet de tensions entre Areva et l'organisation.C. M.