Condamnés. Le directeur de la publication du magazine Auto Plus, Jean-Luc Breysse, et le journaliste Pierre-Olivier Savreux ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Nanterre pour avoir diffamé le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, dans un article publié en juillet portant sur les dépenses automobiles de l'Etat.
Jean-Luc Breysse, a été condamné à 2.000 euros d'amende, tandis que Pierre-Olivier Savreux, a écopé de 1.500 euros d'amende avec sursis. Ils ont été solidairement condamnés à verser un euro de dommages et intérêts à Brice Hortefeux, qui s’était constitué partie civile.
Dans une enquête intitulée «Malgré la crise, l'Etat flambe encore» et publiée en juillet dernier, le journaliste, ironisant sur un «caprice de Brice», affirmait que, dès son arrivée au ministère de l'Intérieur, un mois plus tôt, Brice Hortefeux avait commandé «deux limousines C6, pour le pool de véhicules réservé au ministre» pour un montant de 100.000 euros, alors que le ministère possédait déjà deux véhicules similaires, ayant été utilisées par son prédécesseur, Michèle Alliot-Marie. Le ministère de l'Intérieur avait démenti ces informations et engagé des poursuites.
Lors de l'audience, le 9 mars dernier, une attachée de presse et un directeur des ventes de Citroën ont confirmé qu'ils avaient bien été contactés par le journaliste, à qui ils avaient parlé d'«un renouvellement de deux C6, pour le ministère de l'Intérieur». Ils ont précisé que les deux anciens modèles avaient été achetés en 2007. Mais «rien ne vous permettait d'imputer à Brice Hortefeux les faits que vous dénonciez», avait estimé le procureur, Yvon Tallec.
Il avait alors requis une amende à l'encontre de Jean-Luc Breysse et Pierre-Olivier Savreux, tout en laissant au tribunal le soin d'en apprécier le montant.
«A vous lire, voilà ce qu'on comprend: M. Hortefeux fait un caprice (...) M. Hortefeux ne veut pas mettre son postérieur sur des sièges ayant servi à Michèle Alliot-Marie», avait pour sa part dénoncé Philippe Blanchetier, l'avocat du ministre.
L’avocat du journaliste, Me Paul-Albert Iweins, avait quant à lui plaidé la relaxe, voyant dans ce procès «une atteinte à la liberté d'expression». «Jusqu'à il n'y a pas si longtemps, un ministre ne poursuivait pas pour diffamation quand il faisait l'objet d'une critique (...) C'est une forme de terrorisme», avait-il asséné.