Deux jours pour lutter contre les escroqueries et la criminalité sur Internet. Spécialistes et enquêteurs se retrouvent à Lille, à l’occasion du quatrième Forum International sur la Cybercriminalité afin de faire le point sur les techniques utilisées par les pirates, les méthodes d’enquête et la prévention.
>> Retrouvez nos conseils pour éviter la cybercriminalité
Le lieutenant-colonel Eric Freyssinet fait partie des 200 enquêteurs spécialisés dans les nouvelles technologies de la gendarmerie. Contacté par 20minutes.fr, il explique que ce qui occupe le plus les enquêteurs, «ce sont les escroqueries ou les infractions économiques et financières». Concrètement, il s’agit de contrefaçon de cartes bleues par exemple ou «d’escroqueries à la Nigériane».
Dans le cas des «escroqueries à la Nigériane», «les escrocs font des promesses diverses et variées», précise le lieutenant-colonel. Argent, héritage, etc. des internautes crédules se laissent avoir par des emails leurs promettant des sommes importantes.
Autre piège, «les tentatives de séduction», poursuit le lieutenant-colonel Eric Freyssinet, «dans ce cas, des relations se nouent sur le Web. Et certains vont jusqu’à donner de l’argent, pour aider, à l’autre personne, qu’ils n’ont jamais vue en vraie».
Un peu plus compliqué à mettre en œuvre, certains pirates vont jusqu’à utiliser des logiciels malveillants ou le phishing («hameçonnage»). Objectif: collecter les données personnelles des internautes (numéros de comptes, de cartes, mots de passe...), qui sont ensuite transmises sur un serveur et utilisées. Toutes ces formes d’escroquerie, dont sont victimes de plus en plus de Français, occupent un quart des activités des enquêteurs de la gendarmerie.
Le second type de criminalité dont ils sont en charge, ce sont les atteintes aux mineurs: échanges de contenus illicites ou pédophiles, rencontres avec des «prédateurs», etc.
Enfin, les enquêteurs travaillent également sur les délinquances plus traditionnelles, comme le trafic de drogues, qui se servent d’Internet et des nouvelles technologies.
Les enquêteurs constatent «trois grandes tendances» pour les mois et années à venir, précise le lieutenant-colonel Eric Freyssinet. «Déjà, nous constatons une implication de plus en plus importante de la criminalité organisée, qui est nettement impliquée dans la contrefaçon de cartes bleues par exemple». Pour eux, c’est «de l’argent facile», et surtout, c’est «peu dangereux, car il n’y a pas de confrontation physique», précise le spécialiste.
La seconde tendance c’est une augmentation du nombre de victimes, car «tout le monde est concerné», détaille Eric Freyssinet. «Les particuliers et les entreprises sont connectés en permanence, donc ils sont plus vulnérables», estime-t-il.