Les polices espagnole et française ont commis une méprise en croyant identifier sur une vidéo des etarras dans des pompiers espagnols en stage en France mais ont réaffirmé, samedi, la responsabilité de l'organisation indépendantiste basque ETA dans la mort d'un policier français mardi. Cette méprise ne rend pas pour autant caduque la piste d'ETA ont rappelé les autorités françaises et espagnoles.
L'enquête continue et passe «par l'exploitation des quelques 600 scellés qui ont été faits» dans cette affaire, notamment des «empreintes digitales, de traces génétiques (ADN), de douilles, en particulier de neuf millimètres et d'autres calibres dont certains plus gros», a expliqué à l'AFP le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard.
Selon lui, «l'appel à témoin (de vendredi) reste quand même valable, puisque en dehors des cinq sur la vidéo, nous avons fait passer deux photos de terroristes avérés de l'ETA, d'une part celui qui a été arrêté et d'autre part un autre qui, lui, a été reconnu par les victimes du vol à main armée».
Le membre présumé de l'ETA arrêté mardi soir devait pour sa part être déféré samedi soir au parquet antiterroriste qui s'apprête à ouvrir une information judiciaire. Il devrait être présenté dans la foulée à un juge d'instruction en vue de son éventuelle mise en examen et d'un placement en détention provisoire.
«Quand on a pensé à distribuer la vidéo, ce qu'on cherchait à faire, c'était localiser cinq personnes que nous ne connaissions pas. Nous aurions dû dire clairement que nous ne les connaissions pas (...). A partir de là, il y a eu une erreurå, a déclaré Alfredo Perez Rubalcaba, le ministre de l’Intérieur espagnol.
L'un des cinq pompiers montrés sur la vidéo a fait part de son mécontentement à la Radio nationale d'Espagne (RNE): «ce qui me gêne, c'est qu'on a vu sur internet qu'on nous a traités, non pas de présumés etarras, mais d'etarras. C'est le problème, nous sommes face à une accusation gratuite», a-t-il indiqué depuis la région parisienne.
Cette méprise a également entraîné des réactions policières, Synergie Officiers (2e syndicat d'officiers) dénonçant un «battage médiatique "flicophobe"» et rendant hommage aux enquêteurs.