Des objectifs chiffrés pour des policiers récompensés. Un document confidentiel, provenant de la préfecture de police de Paris et que le Parisien- Aujourd’hui en France s’est procuré, prouverait une nouvelle fois que les policiers sont bien soumis à des quotas de procès-verbaux pour des infractions au Code de la route.
Selon le document, près de 17.000 contraventions devront être dressées en 2010 pour stationnement gênant, pour la seule troisième compagnie à Paris.
«Lorsque le nombre de PV visant certains types d’infractions n’a pas été atteint, on nous demande de verbaliser plus, a assuré au quotidien un fonctionnaire parisien. On doit atteindre des objectifs fixés par des chefs de service. On devient des machines, sans discernement», s’indigne-t-il. «En travaillant de la sorte, notre image auprès de l’opinion publique est entamée.»
Une entorse à l’image qui peut être financièrement intéressante. Selon un fonctionnaire, «les policiers bien notés et considérés comme méritants par leur hiérarchie touchent une prime annuelle de 600 euros».
Le porte-parole du Ministère de l’Intérieur a exclu hier «l’établissement de quotas au niveau national» sans nier que des «à un niveau local, si des gens veulent fixer des objectifs à atteindre (…) rien ne l’interdit».
Pour sa part, la préfecture de police de Paris se dit déterminée à retrouver l’auteur de ce document, en promettant une sanction à son encontre. Se disant «hostile à l’établissement de quotas de contraventions», Michel Gaudin, préfet de police de Paris affirme qu’il «ne s’agit pas de dresser à tout prix des contraventions. Mais avant tout, d’améliorer la sécurité des usagers de la route».