La Tour Signal de La Défense (Hauts-de-Seine) n'est pas prête de sortir de terre. L'architecte Jean Nouvel a déclaré ce jeudi que, s'il n'avait pas renoncé à la construire, elle «se réalisera quand la crise se dissipera».
Dans un premier temps, la présidente de l'Epad (l'établissement public d'aménagement de la Défense), Joëlle Ceccaldi-Raynaud, avait annoncé avoir reçu un courrier des Ateliers Nouvel l'informant qu'ils renonçaient au projet phare du quartier d'affaires, «faute d'investisseurs». «Il n'en est rien», a répondu l'architecte. «Il convient donc d'attendre un peu et de ne pas jeter le bébé Signal avec l'eau de la crise.»
Un projet similaire avorté il y a vingt ans
Jean Nouvel - Lauréat du prix Pritzker 2008, la plus importante récompense mondiale du secteur - avait déjà dû renoncer à un projet similaire à La Défense, la Tour sans Fin, dont on croyait qu'elle pouvait toucher les nuages, au début des années 1990, lors de la précédente crise immobilière.
«C'est une surprise car je pensais que Jean Nouvel arriverait à trouver un investisseur», a admis Joëlle Ceccaldi-Raynaud, député-maire (UMP) de Puteaux (Hauts-de-Seine), lors d'une conférence de presse au 21e Mipim (Marché international des professionnels de l'immobilier) de Cannes.
«On n'a pas trouvé d'autres investisseurs»
«C'est un bâtiment qui laissait beaucoup de place au vide et qui n'a pas pu trouver son équilibre économique», explique Philippe Chaix, directeur général de l'Epad.
Le groupe espagnol Medea, qui devait être à l'origine l'investisseur, s'était déjà retiré du projet il y a quelque temps, victime de la crise immobilière dans la péninsule ibérique. «On est allé au Qatar, au Koweït, là où il y a de l'argent. On a cherché. On n'a pas trouvé d'autres investisseurs», a regretté Philippe Chaix.
Plan de renouveau de la Défense
Légèrement plus petite que la Tour Eiffel, la Tour Signal, de 301 mètres de haut, avec près de 100 étages de bureaux et d'habitations, faisait partie du plan de renouveau de la Défense, lancé en 2006 par Nicolas Sarkozy alors qu'il présidait le Conseil général des Hauts-de-Seine et l'Epad.
Ce plan prévoyait la construction d'au moins 450.000 m2 de bureaux (dont 7 nouvelles tours et la reconstruction de 5 autres) à l'horizon 2015.