Alors que la garde à vue du membre présumé de l'ETA, arrêté après une fusillade où un policier a été abattu mardi soir, a été prolongée mercredi soir de 24 heures, Nicolas Sarkozy était en déplacement sur les lieux du drame ce jeudi.
Le chef de l'Etat est arrivé vers 10h au commissariat de Dammarie-Les-Lys, en Seine-et-Marne. Accompagné des ministres de la Justice Michèle Alliot-Marie et de l'Intérieur Brice Hortefeux, il a rencontré la famille du policier tué, le brigadier-chef Jean-Serge Nérin.
Dans un discours sur place, Nicolas Sarkozy a affirmé que les responsables de la mort du policier «seront retrouvés et seront châtiés avec la plus grande sévérité».
Le président a souhaité que la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine incompressible de 30 ans soit appliquée de façon «systématique» aux meurtriers de membres des forces de l'ordre. Il a par ailleurs annoncé que désormais le ministère de l'Intérieur portera plainte «à la moindre insulte, au moindre manque de respect».
Les obsèques du policier auront lieu mardi, en présence du Premier ministre espagnol Jose-Luis Zapatero, accompagné son ministre de l'Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba. «Je prononcerai l'éloge de ce fonctionnaire de police courageux», a indiqué Nicolas Sarkozy.
Le syndicat Alliance a appelé «tous les policiers de France» à «se rassembler» devant leurs services à l'heure des obsèques. Le Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire) a demandé à ses cadres à se joindre au mouvement. Jusqu'à ce jour, les policiers devraient porter «un brassard ou un crêpe noir sur leur tenue d'uniforme ou civile».
Le suspect est toujours entendu par les enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Cette garde à vue est susceptible d'être prolongée jusqu'à vendredi soir avant la présentation de l'etarra présumé au parquet. Selon une source judiciaire espagnole, l'homme arrêté est Joseba Fernandez Aspurz, 27 ans. La justice espagnole a officiellement demandé qu'il lui soit remis.
Au moins cinq autres membres présumés de l'ETA, parmi lesquels une femme, soupçonnés d'avoir pris part mardi doir à la fusillade avec la patrouille de police de Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne) sont toujours en fuite.