Entre huit mois et trois ans de prison ferme pour les insurgés du centre de rétention de Vincennes

JUSTICE Accusés d'avoir déclenché un incendie, ils devraient faire appel...

J. M. et W.M. avec agence

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La Cimade se porte partie civile en soutien de la plainte déposée par la famille du Tunisien mort le 21 juin 2008 dans l'incendie du centre de rétention administrative de Vincennes, annonce l'association mercredi dans un communiqué.

La Cimade se porte partie civile en soutien de la plainte déposée par la famille du Tunisien mort le 21 juin 2008 dans l'incendie du centre de rétention administrative de Vincennes, annonce l'association mercredi dans un communiqué. — Resf AFP/RESF/Archives

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné ce mercredi à des peines de prison ferme allant de huit mois à trois ans les dix prévenus jugés dans le procès de l'incendie du centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, au terme d'une audience rocambolesque.

«Des peines lourdes et inadmissibles»

De nombreuses suspensions ont à nouveau émaillé cette audience, dues à l'agitation du public. Des associations et représentants de sans-papiers manifestaient également devant les portes de la 16e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris, ajoutant un peu plus de confusion aux débats. 

«Ce sont des peines lourdes, inadmissibles et pas justifiées», a déclaré à 20minutes.fr l'avocate des dix prévenus. «On a trouvé des coupables parmi des non-personnes. La vraie justice, on va aller la trouver en appel.»

Des peines équivalentes à celles requises par le procureur

Le 9 février dernier, en l'absence des avocats de la défense qui boycottaient les audiences, dénonçant l'iniquité du procès, des peines de prison ferme équivalentes à celles prononcées ce mercredi avaient été requises contre les dix prévenus par le procureur Gilbert Flam.

La plus lourde des réquisitions, trois ans ferme, visait un homme sous mandat d'arrêt depuis les faits, et jamais interpellé. La plupart des autres incendiaires présumés, étrangers en situation irrégulière retenus au CRA à l'époque, ont effectué une peine de détention provisoire, près d'un an pour certains.

Intention de détruire le centre

Selon le procureur, les faits et gestes reprochés à chacun sont clairement visibles sur les enregistrements des caméras de vidéosurveillance du CRA, le plus grand de France à l'époque des faits: jets de projectiles sur des policiers de la part de quelques-uns, bris de vitres des bâtiments pour d'autres, apport par certains de «combustible» ayant permis l'embrasement de draps et de matelas.

Les incidents étaient intervenus le 22 juin 2008, au lendemain du décès, dans des circonstances jugées obscures, d'un Tunisien de 41 ans qui séjournait au CRA. Le procureur a estimé qu'il y avait eu «une certaine préparation de ce qui est arrivé», «avec pour objectif» de détruire le centre de rétention.