Un membre de l'ETA est en garde à vue ce mercredi et trois ou quatre autres personnes, dont une femme, appartenant au mouvement séparatiste basque sont recherchées après la mort d'un brigadier de police de 52 ans, tué mardi soir près de Dammarie-les-Lys lors d'une fusillade, selon une source policière.
«Assassiné par un groupe terroriste»
Le policier a été tué par un «commando terroriste de l'ETA», a indiqué ce mercredi Nicolas Sarkozy, qui doit rencontrer la famille de la victime jeudi. Le chef de l'Etat reprend la déclaration de son Premier ministre qui avait confirmé un peu plus tôt que le policier avait été «froidement assassiné par un groupe terroriste», alors que l'homme interpellé après les faits a revendiqué son appartenance à l'ETA. Le groupe terroriste n'avait jusque-là jamais tué ni policier ni gendarme français.
Le Premier ministre «présente, au nom du gouvernement, ses sincères condoléances à l'épouse et aux quatre enfants du brigadier-chef de police Jean-Serge Nérin froidement assassiné par un groupe terroriste en Seine-et-Marne».
Un hommage unanime
«Le gouvernement est résolu à lutter vigoureusement contre le terrorisme et toutes les formes de violence. Il rend hommage aux policiers qui, par leur courage dans des circonstances d'extrême danger, ont permis d'arrêter un membre du commando. Tout sera mis en oeuvre pour appréhender les coupables et les faire répondre de leurs actes devant la justice», ajoute le Premier ministre dans un communiqué.
Un hommage a été rendu unanimement par le reste de la classe politique française. Seule fausse note, la vive réaction de Marine Le Pen. La vice-présidente du Front national a jugé ce mercredi que «le gouvernement de Nicolas Sarkozy» est «directement» responsable de la mort du policier et elle «exige l'arrêt immédiat des suppressions d'effectifs».
L'Espagne solidaire de la France
L'homme de 27 ans, interpellé après les faits, fait l'objet de poursuites judiciaires en Espagne pour des actes de violences urbaines, selon une source judiciaire espagnole. Il a été présenté par le quotidien espagnol El Mundo comme étant Joseba Fernandez Aspurz, ce qu'une source judiciaire s'est refusé à confirmer, arguant que des vérifications étaient en cours.
Le chef de gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a condamné le meurtre du policier français, l'attribuant à une «action criminelle de la bande terroriste ETA». José Luis Rodriguez Zapatero et le président français Nicolas Sarkozy se sont accordés ce mercredi après-midi au téléphone pour «redoubler» d'efforts contre l'ETA.
Le chef du gouvernement espagnol avait affirmé ce mercredi matin que «la France paie un prix élevé à sa collaboration contre l'ETA qui est si importante pour notre liberté et notre sécurité.» L'ETA est tenue pour responsable avant cette fusillade de 828 morts en plus de 40 ans d'actions violentes, la plupart commis après la mort du dictateur Francisco Franco.
Le déroulé des faits
Selon des sources proches de l'enquête, voici le déroulement des faits: un vol d'une BMW est signalé vers 19h à Dammarie-les-Lys. La voiture, avec trois hommes et une femme à bord, est localisée par un équipage de policiers dans la commune limitrophe de Villiers-en-Bière.
Au moment où les policiers tentent d'interpeller les quatre personnes dans la BMW, un second véhicule - vraisemblablement une Citroën - avec deux hommes à bord s'approche. Un de ces deux hommes tire alors trois balles qui touchent mortellement le brigadier de police au thorax, malgré le port de son gilet par-balles. Des policiers ripostent mais on ignore si un ou plusieurs agresseurs avaient été touchés. Les policiers ont saisi l'arme du tireur, un 357 Magnum, dont le numéro de série avait été limé.
Rassemblement spontané de policiers ce mercredi
Une autopsie du corps du policier aura lieu «mercredi ou jeudi», selon une source policière.
Des policiers ont appelé à un rassemblement «spontané» ce mercredi à 18h devant le commissariat de Dammarie-Les-Lys (Seine-et-Marne), «dans la calme et la dignité».