Plus question de se faire damer le pion par les pays anglo-saxons en matière d'enseignement supérieur. Face à une concurrence mondiale exacerbée entre les établissements, la France a décidé de réagir en se fixant des défis pour l'avenir. Alors que le gouvernement indien a donné hier son feu vert à l'implantation de campus étrangers sur son sol, les écoles et universités françaises comptent bien saisir cette aubaine pour accroître leur rayonnement à l'étranger. Elles ne souhaitent d'ailleurs pas se limiter à l'Inde et ambitionnent de séduire tous azimuts. La Conférence des grandes écoles (CGE) a ainsi proposé la semaine dernière de tripler d'ici à 2020 le nombre d'étudiants étrangers accueillis aussi bien dans les écoles de commerce et d'ingénieurs que dans les universités, que ce soit sur leurs campus en France ou à l'étranger. Soit 500 000 jeunes au total.
« La moitié d'entre eux proviendrait d'Inde et de Chine », a indiqué Pierre Tapie, président de la CGE. Selon ses plans, 80 % des nouveaux étudiants paieraient 12 000 euros de frais de scolarité par an et 20 % se verraient offrir leur scolarité via des bourses. Une manne pour les établissements français, qui en retireraient au total 4,8 milliards d'euros. De quoi pouvoir attirer les meilleurs enseignants du monde.
Reste un problème de taille à résoudre pour mettre ce projet à exécution : obtenir la liberté de fixer les frais de scolarité des étudiants non européens. Par ailleurs, la CGE recommande un assouplissement de la loi Toubon, qui impose aux établissements l'usage du français pendant les cours. Ce qui permettrait de faire sauter le barrage de la langue et donc de séduire davantage d'étudiants anglophones. Interrogé par 20 Minutes, le ministère de l'Enseignement supérieur déclare n'avoir pris aucune position sur ces questions. Un silence qu'il ne devrait pas garder très longtemps, les directeurs d'école et les présidents d'université ayant l'intention de remettre très vite le sujet sur la table. W