Cheveux noirs tirés, petites lunettes, elle est décrite comme attentionnée et ordinaire. Céline Lesage, 38 ans, mère d'un garçon de 13 ans, comparaît depuis hier devant les assises de la Manche pour l'une des plus graves affaires d'infanticide de ces trente dernières années. Accusée de « meurtres aggravés », elle devra s'expliquer sur la mort de six nouveau-nés entre 1999 et 2007, retrouvés étouffés ou étranglés dans la cave de son logement à Valognes. La découverte remonte au 19 octobre 2007. Ce jour-là, son compagnon, Luc Magueritte, découvre les corps en décomposition de six bébés, enfermés dans des sacs-poubelle. Le couple est mis en garde à vue. Céline Lesage avouera rapidement le sextuple infanticide sur cinq enfants issus d'une union précédente, et sur le dernier, qu'elle avait eu avec son compagnon actuel. Jusqu'à présent, Céline Lesage n'a donné pour explication à son geste que « la peur » de la réaction de son ancien compagnon. « C'était pas un bébé, c'était rien, c'est horrible à dire », a-t-elle lâché aujourd'hui, insistant sur une situation « d'engrenage et d'enfermement ». « J'avais peur de tout et de tout le monde », a-t-elle ajouté. Elle dispose encore de trois jours pour s'expliquer. Cette femme, arrivée hier l'air inquiet dans le box, encourt la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de dix-huit ans. W