Lui qu'on disait moribond, il peut se poser en épine dans le pied de l'UMP au second tour. Avec 11,5 % des voix au niveau national (2,2 millions d'électeurs), le FN est revenu de sa déroute aux législatives de 2007 (4,29 %) et aux européennes de 2009 (6,8 %). Le parti maintiendra une liste dans douze régions, fort de scores qui ont même dépassé 14 % au premier tour en Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) et Champagne-Ardenne.
De retour dans le jeu politique, le FN pourrait même faire basculer à gauche l'Alsace, seule région aujourd'hui à droite avec la Corse. L'Elysée, conscient qu'il doit sa victoire de 2007 en partie à un FN faible, scrute les résultats à la loupe, soucieux d'identifier les mécontents - surtout des ouvriers et des employés - qui pourraient aller le sanctionner dimanche. Reste que le score du FN - attribué par certains observateurs à la crise et à la politique de l'immigration de Sarkozy - est à relativiser. Le parti frontiste, qui totalisait 14,7 % des suffrages en 2004, a perdu cinq régions et nettement reculé ailleurs. Il n'y a guère qu'en Paca, le fief du leader historique Jean-Marie Le Pen, et dans le Nord-Pas-de-Calais, où sa fille Marine mène la liste, que le parti a fait aussi bien ou mieux. W
A. B.