Le trafic ferroviaire du réseau Saint-Lazare reprendra progressivement dès ce dimanche soir après une interruption toute la journée à la suite d'une violente agression la veille contre cinq contrôleurs de train, a annoncé Jean Pierre Farandou, directeur de «SNCF-Proximité».
Les perturbations touchaient le trafic des Transilien, TER et Intercités, dont une partie des liaisons avec la Normandie.
Dans la matinée de dimanche, aucun train n'a circulé. Le trafic a été «extrêmement réduit» sur le RER A au départ de Paris Saint Lazare vers Cergy et Poissy, et l'interconnexion avec la RATP a été suspendue à Nanterre Préfecture. Même constat pour les lignes J et L (Transilien). Le site www.infolignes.com de la SCNF a répertorié plusieurs suppressions de trains Intercités en provenance de Trouville, en provenance et en direction du Havre, ou encore en direction de Cherbourg depuis Paris Saint Lazare.
Les syndicats dénoncent une aggravation des violences sur le réseau Saint-Lazare et demandent à la direction des mesures pour améliorer la sécurité des cheminots et des usagers.
Samedi après-midi, cinq contrôleurs d'une équipe de sept ont été blessés sur la ligne Paris-Mantes-la-Jolie lors d'une altercation avec des personnes montées sans billet dans le train aux Mureaux (Yvelines). L'un des jeunes gens armé d'un couteau a blessé un contrôleur à la main tandis que plusieurs comparses appelés à la rescousse ont donné des coups de poing à deux autres agents SNCF. Deux des agresseurs présumés ont été interpellés et seront jugés lundi en comparution immédiate, a indiqué la SNCF.
Deux compagnies de CRS ont été envoyées pour renforcer la sécurité en gare et à bord de certains trains. «Les contrôleurs en ont ras-le-bol, et les agents de conduite les soutiennent, parce qu'on est confronté à une montée de la violence dans les trains de la région», a estimé Philippe Guiter, du syndicat Sud-Rail. «C'est assez symptomatique que ça intervienne pendant les régionales, parce que tous les candidats ont parlé des transports avec des solutions à l'horizon de 20-25 ans, mais personne n'a réellement parlé de la situation que les gens vivent maintenant en Ile-de-France», a-t-il poursuivi.
Pour Olivier Gendron (CGT Saint-Lazare), «ça fait quand même quatre agressions en une semaine et demie sur ce réseau, sans compter les crachats et les insultes, donc ça fait beaucoup, surtout que là, ils sortent les couteaux».
«Il y a des trains le week-end, le mercredi après-midi et pendant les vacances scolaires qui se transforment en zones de non-droit et dans lesquels on demande plus d'interventions des forces de police», a-t-il dit.
FO a demandé des «moyens humains» face à une «recrudescence d'actes délictueux depuis plusieurs mois».
Lors d'une réunion entre les syndicats et la direction régionale de la SNCF, qui était toujours en cours dimanche en fin d'après-midi, la direction a notamment proposé de renforcer les effectifs de la police ferroviaire de la SNCF (Suge).
Jean-Paul-Huchon, le président du Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), par ailleurs candidat PS à sa succession à la tête de la région, a exprimé dimanche «toute sa solidarité» avec les contrôleurs agressés. Il a demandé à la SNCF «de conduire la négociation avec diligence de manière à ce que le trafic puisse reprendre».