Le conflit à la tête du principal syndicat de la restauration et de l'hôtellerie, l'Umih, s'enlise, deux jours après le retour en force dans son bureau de la présidente contestée Christine Pujol, qui refuse toujours de quitter les lieux. Vendredi soir, elle a même assuré à une journaliste de l'AFP qu'elle était «prête à y passer le week-end». «Je ne partirai pas», a-t-elle affirmé, les yeux tirés.
Intervenant sur i-Télé vendredi matin, la dirigeante contestée expliquait que sa situation, qu'elle qualifie de «séquestration à l'envers», commençait à lui peser alors qu’elle ne pouvait sortir de son bureau et donc se ravitailler.
L'élection d'un nouveau tandem président et vice-président reste prévue lundi malgré la fermeture des services jeudi, à la demande de la direction intérimaire hostile à Christine Pujol, et l'absence des salariés invités à rentrer chez eux «à titre conservatoire».
La nouvelle direction, incarnée par André Daguin, a par ailleurs déposé au tribunal de grande instance de Paris un référé d'heure à heure visant à faire expulser Christine Pujol du bureau qu'elle occupe, a précisé à l'AFP le président de la branche hôtellerie saisonnière, Thierry Grégoire.
«Cette élection n'a pas lieu d'être», a déclaré jeudi soir à l'AFP Christine Pujol qui conteste toutes les décisions de cette direction née du coup de force opéré en marge du congrès annuel du syndicat en novembre. Une assemblée générale extraordinaire, convoquée à la hâte, avait «destitué» Christine Pujol et désigné André Daguin, son prédécesseur, comme président par intérim en charge d'organiser des élections.
Mardi, la justice a débouté, pour des raisons de procédure, Christine Pujol qui tentait de faire reconnaître qu'elle restait présidente de la confédération. Cette dernière a décidé de réintégrer mercredi soir un bureau qui lui était interdit d'accès depuis novembre pour tenter de «trouver une solution», a-t-elle expliqué à l'AFP, et ne l'a pas quitté depuis.
Selon un communiqué de la nouvelle direction, Christine Pujol a tenté de négocier son départ contre des indemnités financières pour elle et une collaboratrice et la prise en charge de frais de justice. La nouvelle direction a indiqué que ces demandes devaient être examinées par le conseil d'administration et pourraient être inscrites à l'ordre du jour de la prochaine réunion. «Elle n'est pas là pour une histoire d'argent», a réagi son entourage rappelant que Christine Pujol est à la tête de quatre hôtels-restaurants à Carcassonne.