L’inspecteur du travail chargé d’enquêter sur le suicide d’un salarié de France Télécom en août dans le Doubs a rendu son rapport. Verdict: «homicide involontaire par négligence». Selon le document, rendu public ce vendredi par Le Parisien, le salarié aurait été envoyé sur le terrain sans formation, et avec des objectifs qu'il n'arrivait pas à atteindre. Soit des conditions de travail particulièrement stressantes.
D'après le rapport cité par le quotidien, la médecine du travail et le cabinet Technologia avaient d'ailleurs mis en garde la direction de la «gravité» des risques encourus par la victime et ses collègues. Des avertissements auxquels le groupe n'auraient pas donné suite, refusant même «volontairement d’informer et consulter le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT)».
Pour France Télécom, qui n'a pas officiellement communiqué sur ce rapport, la nouvelle fait suite à une autre, du même acabit. L'Inspection générale des Affaires sociales (Igas) a en effet recommandé à la direction de classer trois suicides et une tentative, comme accidents de service (l'équivalent pour les fonctionnaires de l'accident du travail), ont indiqué jeudi des sources proches du dossier.
Le même jour, on apprenait un nouveau suicide parmi les salariés de l'opérateur. Un homme de 44 ans travaillant dans l'Unité d'assistance technique (UAT) de Lille a mis fin à ses jours dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile. Selon le syndicat Sud-PTT, cependant, «on ignore la part de responsabilité du travail», a précisé Christian Pigeon.