Pour Jean-Pierre Raffarin, Gérard Longuet n'est «évidemment pas raciste» et pose «deux questions utiles»

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Publié le 12 mars 2010.

REACTIONS - Tout le monde a son avis sur les propos du sénateur au sujet de malek Boutih...

Les propos de Gérard Longuet sur l'éventuelle nomination du socialiste Malek Boutih à la tête de la Halde continuent de faire réagir ce vendredi, entre soutien appuyé ou embarrassé à droite et condamnation à gauche. Une nouvelle fois contacté par 20minutes.fr, Malek Boutih se refuse toujours de son côté à tout commentaire. «Je n'ai aucune déclaration à faire», a répondu l'ancien président de SOS Racisme.

«Je récuse l'idée d'un "corps traditionnel français"», a déclaré Martin Hirsch sur RTL. Pour le Haut commissaire aux Solidarités actives, cette expression «na pas sa place dans le débat politique», que ce soit de la part du sénateur UMP ou de «quiconque d’autre». Sa conception du «corps traditionnel français» est différente: «il peut aussi bien réunir Gérard Longuet que Malek Boutih, que Louis Schweitzer que vous et moi». Toute autre analyse de ce concept lui «parait simplement pas acceptable», ajoute-t-il, car «la tradition française c'est de ne pas regarder d'où on vient». Toutefois, Martin Hirsch apprécie l’attitude du sénateur, qui a reconnu avoir dit une maladresse. «J'ai l'impression qu'il aurait préféré ne pas avoir dit ce qu'il a dit, ce qui me parait sain...», a estimé l’ancien président d’Emmaüs.

L'exemple du soldat inconnu

«Voilà 90 ans était désigné à Verdun le soldat inconnu qui repose depuis sous l'Arc de Triomphe à Paris», a pour sa part rappelé Arsène Lux le maire (DVD) de cette commune à Gérard Longuet. «Nul n'est en mesure d'indiquer quelle était la couleur de peau de ce soldat ni son ancienneté dans la nationalité française. C'est précisément ce qui a fait, et fait toujours la force de sa symbolique universelle», poursuit l'élu, qui a estimé que les propos du sénateur de son département «méprisaient gravement la Constitution et son principe fondateur d'égalité».

Gérard Longuet n'est «évidemment pas raciste» et pose en réalité «deux questions utiles», a affirmé Jean-Pierre Raffarin. La première, selon l'ancien Premier ministre, est de savoir si «une personne discriminée est la mieux placée pour réduire les discriminations». La deuxième concerne l'ouverture. «L'ouverture c'est aussi une question de mesure», a jugé le sénateur de la Vienne qui estime que «de temps en temps, il faut aussi mettre en avant les talents de la majorité parce qu'à un moment on finirait par se dire que les talents sont à gauche».

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