Un coup de gueule dans les règles de l’art. L’artiste Pascal Guérinau a décidé dimanche, «sur un coup de tête», d’accrocher l’une de ses toiles au musée Maillol entre une sculpture de Boltanski et une œuvre de Basquiat, sans y être autorisé. Les organisateurs de cette exposition sur les vanités, intitulée «C’est la vie», n’y ont vu que du feu.
«Mon action n’était pas préméditée», explique le peintre à 20minutes.fr. «Un ami est allé voir l’expo, qu’il a appréciée. Il m’a dit qu’il ne trouvait pas ça normal que je n’y figure pas. Il n’avait pas tort. "Et bien j’y serai!", lui ai-je répondu.» Pascal Guérinau a donc enroulé une toile sous sa veste, est retourné au musée vers 15h, et l’a accrochée «avec de simples punaises».
Légitime
Les agents de sécurité n’ont pas remarqué la supercherie. L’artiste, curieux, est resté dans la salle pour observer les réactions du public. Fier, il soutient «que les gens s’arrêtaient et regardaient la toile avec intérêt et plaisir. Elle y a donc toute sa place.»
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Cette action, qui excite les médias depuis ce matin, n’est pas dépourvue de message. «J’ai 47 ans. La peinture, c’est mon métier. Je ne peux pas compter sur le copinage ou les relations pour me faire connaître, alors que d’autres ont cette chance», s’insurge-t-il. Ses propos sont amers. Il regrette que les évènements culturels importants «sélectionnent toujours les mêmes artistes, alors que d’autres, bien que talentueux, ont du mal à s’en sortir.»
Dans l'obscurité
Et pour la suite? Le peintre souhaite vivement que sa toile soit maintenue jusqu’à la fin l’exposition. «Je n’ai pas infligé de dégradation, ni commis de vandalisme», se défend-il.
«Hors de question», répond le président du Musée Maillol, Olivier Lorquin, furieux. Contacté par 20minutes.fr, ce dernier refuse d’admettre que le système de sécurité ait été déjoué. «Il a punaisé sa toile de 50 cm dans une salle obscure, entre le champ de vision de deux caméras. Les agents ne s’en sont aperçu que dimanche soir, en allumant les lumières.» Par ailleurs, la pièce étant noire, les visiteurs n’ont pas pu apercevoir la toile non plus, explique-t-il, avec une certaine ironie.
Une action «ignoble», une toile «mauvaise, nulle, une vraie merde». Olivier Lonquin est remonté. Mais il n’intentera pas d’action judiciaire contre l’artiste.