Un homme jugé à Saint-omer pour avoir décapité sa femme qui ne voulait pas avoir d'enfants

FAITS-DIVERS L'affaire remonte au 16 avril 2007...

Ingrid Gallou

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«Excusez-moi de vous déranger, j'ai tué ma femme.» Le 16 avril 2007, ce coup de téléphone passé par Philippe Cousin, inspecteur de La Poste, au commissariat de police d'Arras (Pas-de-Calais) sonne d'abord comme une plaisanterie. Et pourtant, arrivés sur les lieux, les policiers découvrent le corps de Nicole, sa femme de 47 ans, décapitée au couteau.

Jugé à partir de ce matin devant la cour d'assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer, Philippe Cousin risque la prison à perpétuité.Il n'a jamais nié les faits. «Désolé pour le travail que je vous donne», a-t-il même commencé par s'excuser auprès des policiers quand il s'est fait interpeller. «Elle a crié mon prénom, je l'ai décapitée. Vous vous rendez compte. Et je ne suis pas fou!»

 

La crise de la cinquantaine

 

En garde à vue, il tente d'expliquer son incroyable geste par une dispute d'ordre domestique. Avant d'aborder le coeur du problème: sa femme ne voulait pas d'enfants. Elle aurait même refusé pendant vingt et un ans toute relation sexuelle susceptible de lui donner un enfant, craignant de lui transmettre la maladie de son père: la sclérose en plaques. L'autopsie du corps a d'ailleurs confirmé qu'elle était encore vierge.

L'absence de paternité, une grande frustration pour Philippe Cousin, aurait ressurgi alors qu'il venait de fêter ses 50 ans, deux semaines avant les faits. Au même moment, sa femme aurait menacé de le quitter. «Le syndrome de la Cocotte-minute», résume son avocat Didier Robiquet, qui précise que son client a suivi une «longue psychothérapie» en maison d'arrêt.

En filigrane se dessine une relation de couple dominant-dominé, générant une frustration et une agressivité réprimés durant plus de vingt ans. Pour autant, selon les experts, Philippe ­Cousin n'était pas atteint de trouble psychique ou neuropsychique ayant pu abolir ou altérer le contrôle de ses actes.

 


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