Le hasard fait parfois bien les choses pour les opposants au nucléaire. Alors que Nicolas Sarkozy doit prononcer, ce lundi matin, un discours sur le nucléaire civil à Paris, plusieurs associations ont annoncé, ce week-end, que l'EPR - le réacteur de troisième génération en construction à Flamanville (Manche) - présentait un «risque d'accident majeur».

 

Des documents internes

 

S'ils peuvent se montrer aussi catégoriques, c'est que le réseau Sortir du nucléaire, l'Observatoire du nucléaire ainsi que le Comité de réflexion, d'information et de lutte antinucléaire (Crilan) assurent avoir reçu «très récemment» une étude confidentielle «provenant de l'intérieur d'EDF et s'appuyant sur des documents internes».

Ces éléments démontrent, selon eux, «la possibilité d'un accident grave» sur l'EPR. Un accident «d'éjection de grappes» en l'occurrence. «Les grappes servent à contrôler la puissance du réacteur, à le piloter. Ce sont à la fois l'accélérateur et le frein», précise le Crilan. L'accident d'éjection de grappes peut donc «se comparer au blocage de l'accélérateur, à fond».

 

EDF se dit «confiant»

 

Dans un communiqué, EDF a réagi, assurant que «la sûreté nucléaire était sa priorité». L'entreprise doit d'ailleurs adresser à l'Autorité de sûreté nucléaire, à la fin de l'année, le dossier complet de mise en service de l'EPR de Flamanville pour validation.

A ce jour, ce dossier se compose de nombreux documents de travail et ne peut faire l'objet d'aucune conclusion. Il n'empêche, EDF se dit «confiant» sur le résultat des études menées actuellement. «La validation par l'Autorité de sûreté nucléaire du dossier que transmettra EDF fin 2010 sera un préalable à l'autorisation de mise en service du réacteur Flamanville 3», assure-t-elle déjà.


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