Disparue sans laisser de traces ou presque. Depuis neuf semaines, la France est repassée, pour la grippe A, sous le seuil épidémique. Actuellement, le réseau Sentinelles enregistre moins de 28 consultations pour syndrome grippal pour 10.000 habitants. Bien en deçà du palier de 149 cas pour 100.000 à partir duquel est décrétée une épidémie.
Où est passé le virus? Qu'en est-il de la fameuse «deuxième vague» promise pour février-mars? Les experts ne veulent pas se prononcer. Seule certitude, le virus n'a réellement sévi que durant trois mois dans l'Hexagone, faisant 302 morts. Moins que la grippe saisonnière. La situation est la même dans le reste de l'Europe, où seuls certains pays du Sud-Est (Bulgarie, Grèce) enregistrent une «activité sporadique» du virus, selon l'Institut national de veille sanitaire.
L'épidémie de critiques, elle, ne fait que commencer. Alors que deux commissions parlementaires commencent à se pencher sur la gestion de la crise, le coût de la mobilisation contre le virus n'est toujours pas connu. Le Journal du Dimanche avance une facture de 1,2 milliard d'euros, en additionnant le coût des centres de vaccination, de l'achat de vaccins ou encore des stocks de masques.
Mais c'est sans compter les indemnités qui seront versées aux labos après l'annulation de la commande de 50 millions de doses de vaccin début décembre. «Les négociations sont toujours en cours», indique le ministère de la Santé, qui espère que ces pénalités ne dépasseront pas 80 millions d'euros. De toute façon, «on n'en fait jamais assez s'agissant de la santé de nos concitoyens», a réagi Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, dimanche.