C'est le genre de régime qu'un pays riche ne devrait pas avoir à faire. Les mesures d'austérité annoncées mercredi par le gouvernement socialiste grec sont dignes des plans de redressement imposés par le Fonds monétaire international (FMI) lorsqu'il vient en aide aux pays en faillite. «Nous sommes en train de faire un effort énorme pour regagner la crédibilité des marchés afin que notre économie ne s'écroule pas», s'est justifié son porte-parole Georges Pétalotis, alors que les protestations secouent le pays depuis des semaines.
4,8 milliards d'économies à faire
Le programme d'économies de 4,8 milliards d'euros porte un sérieux coup au pouvoir d'achat, avec une réduction de 60% du quatorzième mois et de 30 % du treizième mois des employés du secteur public (32 % des salariés) ainsi qu'un gel général des retraites. D'une manière générale, toutes les administrations, les entreprises et les organismes publics subissent un tour de vis. Par ailleurs, la plupart des taxes sur la consommation augmenteront. La TVA passera de 19 à 21% et le litre d'essence deviendra 8 centimes plus cher.
L'UE et le FMI rassurés
«Ce sont des mesures socialement très dures et dangereuses pour la croissance», estimait mercredi Alexander Law, économiste chez Xerfi. Pire, elles sont symboliques par rapport à une dette insoutenable qui dépasse 110% du produit intérieur brut, soit quelque 250 milliards d'euros. Sauf qu'Athènes a enfin réussi à rassurer l'Union européenne, qui l'a immédiatement approuvé, ainsi que le FMI. Si aucun de ses voisins n'entend mettre la main à la poche, ils envisagent désormais de se porter caution pour la Grèce, ce qui la protègerait de la spéculation des marchés sur sa solvabilité. Une victoire douce-amère pour le pays conscient qu'il ne peut sortir sans casse d'une crise engrangée par des années de mauvaise gestion