Beaucoup de bruit pour rien? Le parquet de Paris a classé sans suite l'enquête sur l'agression en février d'une jeune fille à la sortie d'un collège qui avait entraîné la garde à vue polémique de trois adolescentes.
«Après un examen qualifié "d'attentif" de la procédure qui lui a été transmise le 23 février, le parquet estime que la participation de trois collégiennes à des faits de violences volontaires n'est pas établie et que, par conséquent, l'enquête fait l'objet d'un classement sans suite», annonce dans un communiqué Me Jean-Yves Halimi, avocat de l'une des trois jeunes filles âgées de 14 ans.
Contacté par l'AFP, le parquet a confirmé le classement de l'affaire s'agissant des jeunes filles «en début de semaine». «Il apparaît que seul le jeune homme a participé aux faits», les collégiennes ayant eu une «présence passive» lors de l'agression, a confié une source judiciaire, précisant que leur «garde à vue était justifiée compte-tenu du processus d'enquête».
L'affaire avait commencé le 2 février, à la sortie du collège Gambetta, dans le 20e arrondissement de Paris, par l'agression d'une jeune fille de 16 ans, blessée au nez par un garçon de 14 ans.
Selon leurs parents, les trois adolescentes étaient intervenues pour séparer les protagonistes. Dans les jours qui ont suivi, deux collégiennes étaient interpellées au collège avec l'accord du proviseur, la troisième à son domicile, emmenée par les policiers alors qu'elle était encore en pyjama.
Cette affaire avait déclenché une violente polémique, de nombreuses voix s'élevant pour dénoncer le «recours trop systématique» à la garde à vue. Le préfet de police de Paris avait, de son côté, demandé à l'Inspection générale des services (IGS, «police des polices») une enquête administrative.