La mort subite du nourrisson enfin expliquée?

SANTE Une découverte de la Faculté de médecine de Strasbourg pourrait permettre de mieux prévenir le syndrome...

O.R. avec agence

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Un nourrisson.

Un nourrisson. — PIERANGELI/SIPA

Nouvelle piste dans les recherches sur la mort subite du nourrisson. Ce syndrome, qui occasionne 400 décès par an en France, serait due à l’activité exagérée du nerf vague, qui ralentit la fonction cardiaque, selon une étude multidisciplinaire de la Faculté de médecine de l'Université de Strasbourg.

Concrètement, le nerf vague contrôle le fonctionnement du coeur et agit comme un frein cardiaque. S’il fonctionne exagérément, il peut causer des ralentissements très importants du rythme cardiaque, voire des arrêts cardiaques, explique le professeur Pascal Bousquet, directeur du laboratoire de neurobiologie et pharmacologie cardiovasculaire.

Examen sanguin et traitement préventif

«L'originalité et l'intérêt majeur des travaux strasbourgeois résident dans la perspective d'un diagnostic précoce des risques encourus par le nouveau-né, grâce à l'examen d'un simple échantillon sanguin et d'un traitement préventif, puisque les médicaments existent», a-t-il indiqué.

Depuis une dizaine d'années, une équipe associant pédiatres, pharmacologues et biologistes moléculaires a comparé les coeurs de bébés décédés de mort subite et ceux décédés de mort traumatique, par exemple. L'examen des échantillons a permis de découvrir sur les premiers une augmentation importante des récepteurs spécifiques à l'acétylcholine, la substance produite par le nerf vague qui assure la transmission de l'influx nerveux.

Ces travaux complètent ceux d'autres équipes, notamment américaines, qui ont montré des anomalies d'autres types de récepteurs, notamment dans le cerveau, «mais sans conséquences pratiques pour le diagnostic ou le traitement», selon le directeur de l'étude.

Enrichir les recherches sur les malaises vagaux

De plus, cette découverte pourra enrichir les recherches sur des affections aussi courantes que les malaises vagaux, que l'on observe en particulier chez les jeunes athlètes, ou les sportifs occasionnels comme Nicolas Sarkozy.

Le syndrome de la mort subite du nourrisson, qui frappe dans la première année de la vie, est la troisième cause de mortalité infantile dans cette tranche d'âge et frappe un bébé sur 2.000 en moyenne en France.

Depuis une quinzaine d'années, lorsqu'on a découvert que le risque pouvait être réduit en faisant dormir les bébés sur le dos et non plus sur le ventre, le taux de décès par mort subite a diminué de plus de 50% mais ce syndrome n'a pas été éliminé.


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