Reportage au côté de Jean-Paul Huchon, président (PS) sortant du conseil régional et candidat à sa propre succession.
9h Jean-Paul Huchon arrive à son bureau dans le 7e arrondissement, au volant d’une voiture japonaise. La journée commence par un rendez-vous, institutionnel, avec la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) d’Ile-de-France. Pendant la rencontre, l’entourage du président de région s’interroge: pourra-t-il, le soir, assister au meeting du désormais très médiatique Ali Soumaré - sa tête de liste dans le Val-d’Oise accusé par la droite d’être un «délinquant multirécidiviste» – alors qu’il doit tenir une réunion publique à la même heure à Villejuif (Val-de-Marne)?
10h Jean-Paul Huchon troque sa veste de président de région pour celle de candidat qu’il ne quittera plus de la journée. Rendez-vous à son Qg de campagne dans le 15e . Dans la voiture de campagne, il dévore croissants et revue de presse. Après un rapide brief avec une conseillère, il répond aux questions filmées de l’association Act Up. Sous le regard attentif de Jean-Luc Romero, conseiller régional séropositif, issu de la droite et rallié à la bannière Huchon. «Je travaille sous son contrôle», ironise le candidat socialiste qui se prépare pour une journée consacrée à la santé.
11h30 Arrivée à l’hôpital intercommunal de Créteil (Val-de-Marne) où il est reçu par la direction pour une visite de cet établissement qui ne dépend pas de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Une directive au sein de celle-ci interdit en effet aux directions d’hôpitaux d’accueillir des candidats aux régionales. Le directeur de l’hôpital de Créteil, Gérard Barsacq, tout sourire, fait faire le tour du propriétaire à Jean-Paul Huchon. Avec une petite idée derrière la tête: «Notre projet de restructuration des urgences est bien financé par l’Etat, un financement de la région serait bien.» Interrogé par le personnel sur les moyens humains, le candidat rappelle prudemment que la région peut intervenir sur l’investissement, mais pas le fonctionnement de l’hôpital.
13h15 Pause déjeuner dans un restaurant brésilien. Les plats sont copieux, les discussions légères. Jean-Paul Huchon, entre sa recette du curry d’agneau et deux pas de danse, se dit confiant sur le résultat de l’élection.
15h10 Retour au Qg. Une solution a été trouvée pour le meeting d’Ali Soumaré: une vidéo de soutien y sera diffusée. Reste à l’enregistrer. Dans une salle multimédia, il récite le texte que son équipe a rédigé. «Soyez plus souriant à l’intérieur»; «non, là, vous enterrez votre mère!», lui reproche une conseillère qu’il écoute sagement. Le message est encore trop lu, l’équipe de campagne est insatisfaite, mais l’heure tourne. Jean-Paul Huchon descend d’un étage rencontrer une délégation de parents d’élèves de la FCPE. Il reconnaît, comme il l’avait fait un peu plus tôt à Créteil, que les conseillers régionaux ne siègent pas suffisamment aux conseils d’administration des lycées ou des hôpitaux.
17h15 La journée se poursuit au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) où une opération tractage est organisée devant l’hôpital de l’AP-HP. Robert Hue a répondu présent ainsi que des journalistes télé. «Attention aux perches micros», recommande cette fois l’entourage. Gare donc aux petites phrases.
Le candidat est reçu par quelques militants socialistes du coin ainsi qu’une déléguée CGT de l’hôpital qui l’interpelle vigoureusement. Mais les badauds sont rares et la distribution de prospectus siglés Huchon se transforme rapidement en une discussion avec le personnel hospitalier. A tel point que la petite assemblée ne tarde pas à migrer vers le troquet le plus proche où l’échange se poursuit autour d’un demi.
19h Direction une pizzeria du Kremlin. «Je suis crevé, moi...», lâche le président du conseil régional qui s’apprête pourtant à passer la soirée à parler santé et recherche lors d’une réunion publique à Villejuif (Val-de-Marne).
20h45 Une soixantaine de militants et sympathisants sont venus écouter le chef de file. Les tempes sont grises, seuls les bonbons en forme de Schtroumpfs et les chips donnent un coup de jeune à l’assemblée. Fin de rencontre vers 23h. La voiture attend le candidat pour le ramener chez lui, dans le 7e. Le lendemain, une journaliste l’interviewe à 9h du matin, à son bureau.