C'est la fin d'une tolérance pour 2,8 millions de personnes. L'utilisation des titres restaurant dans les supermarchés est désormais mieux encadrée. Finies donc les grandes courses faites grâce aux fameux coupons financés en partie par l'employeur. La grande distribution s'engage à respecter la loi sur les chèques repas. Désormais, les 654 millions de titres devront exclusivement servir à l'achat de produits immédiatement consommables, c'est-à-dire de plats tout prêts ou préparés.
L'arrêté officiel publié en août dernier prend effet aujourd'hui après des années d'abus. La Commission nationale des titres restaurant (CNTR) et la grande distribution ont obtenu du gouvernement d'appliquer des conditions plus strictes. Quatre points définissent cette nouvelle utilisation, qui seront récapitulés sur des affiches au sein des magasins. En guise de contrepartie, toutes les caisses pourront désormais encaisser les titres restaurant, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent. En cas d'infraction, une enseigne pourra se voir retirer son agrément. En clair, le magasin concerné ne pourra plus accepter de titres restaurant. Dans les faits, certains commerçants confiaient hier qu'ils se donnaient plusieurs jours pour permettre à leurs clients de payer d'autres produits alimentaires avec jusqu'à quatre tickets. Du côté des consommateurs, ce durcissement pourrait apparaître comme un coup porté au pouvoir d'achat, ce dont se défend Bernard Hagege, président de la CNTR : « Nous avons été extrêmement larges quant à la liste des produits immédiatement consommables. In fine, le consommateur ne doit pas y perdre. » Il se défend aussi de toute pression de la part des restaurateurs.
Par ailleurs, Bercy a confirmé hier la publication imminente d'un arrêté concernant l'extension de l'utilisation des chèques repas aux fruits et légumes. Et le ministère envisagerait d'ajouter les produits laitiers à la liste. W