Les digues n'ont pas pu retenir la montée des eaux.
Les digues n'ont pas pu retenir la montée des eaux. - Pascal Saura/SIPA

Propos recueillis par Oriane Raffin

Après le passage de la tempête Xynthia, Esnandes et les villes voisines s'organisent pour faire face aux dégâts. Laurence Juin, habitante d'Esnandes décrit ce que sa région vit.

Que s’est-il passé à Esnandes dans la nuit de samedi à dimanche?

A 6 h, nous avons été prévenus que les digues avaient rompu. Il y en a deux sur notre commune: une qui protège la zone ostréicole, qui a complètement cédé, et l’autre qui protège les marais et les zones de constructions. Sur celle-ci, il y a une brèche, mais pas trop importante.

Sur la commune d’Esnandes, l’eau est arrivée au pied des maisons, et un homme, qui vivait dans une caravane, est mort.

Et dans les communes voisines?

A Charron, c’est beaucoup plus dur. La moitié de la commune est sous les eaux, isolée, sans électricité ni téléphone. La mer a envahi les marais, on a l’impression de voir un océan. Il y a eu trois morts, tous de la même famille: une grand-mère et ses petits-enfants. Les habitants nous ont dit que ça ressemblait à un tsunami. C’est d’autant plus choquant que nous ne sommes pas au bord de l’eau, il y a un grand marais: la mer est très loin. C’est vraiment terrifiant.

Comment vont les habitants?

Pour le moment, tout le monde tient, car on est dans l’action. Dans les établissements scolaires, les cours sont maintenus, on accueille les enfants et les adolescents. Ils sont très choqués, certains sont restés pendant des heures sur leur toit. On nous décrit une vague arrivée comme un tsunami. Ça va être traumatisant pour un moment.

A Charron, où l’école maternelle est sous les eaux, les instituteurs se mobilisent, et essaient de remettre les choses en marche. Les enfants seront accueillis à Esnandes mercredi, pour faire garderie.

La population est-elle solidaire?

Une grosse chaîne de solidarité s’est mise en place dans toute la région. Chacun amène des affaires, ou héberge des proches. Tout le monde est très solidaire, bénévole.