Où en est le mouvement à l'heure actuelle?
Nous irons jusqu'au bout de notre action, c'est-à-dire jusqu'à samedi matin. Ce vendredi matin, nous avons été à nouveau reçus par le cabinet de Jean-Louis Borloo où nous avons réaffirmé nos positions sur le Fabec (Bloc fonctionnel d'espace aérien d'Europe Centrale).
De quoi s'agit-il exactement?
L'espace aérien européen est extrêmement dense, il y a beaucoup d'opérateurs de contrôle aérien, ce qui entraîne de la lourdeur et des coûts.
Pour faire des économies et améliorer la sécurité, six pays européens (France, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Allemagne et Suisse) se sont entendu pour mettre en place, dès 2012, le Fabec, un système de contrôle aérien commun.
Qu'est-ce qui ne vous convient pas dans ce projet de fusion?
Si le système fusionnel apporte une économie plus importante, il représente aussi un coût social qui n'est pas négligeable. Les économies d'échelle passeront forcément par des suppressions d'emplois.
Nous ne sommes pas contre un commandement unique et l'intégration européenne, mais la France étant également le seul pays dont le contrôle aérien fait partie de la fonction publique d'Etat, nous craignons de devoir passer sous un nouveau statut et que toute la Direction générale de l'aviation civile (Dgac) soit ainsi démantelée.
Que proposez-vous?
Nous voulons un Fabec coopératif renforcé et non fusionnel. C'est un système qui répond à toutes les attentes, où chaque pays garde sa structure et le coût social est moindre. La plupart des autres pays ne se sont pas encore prononcés, mais nous espérons pouvoir nous associer avec leurs syndicats pour obtenir gain de cause.
Comment se sont passées les discussions avec le gouvernement?
Le mouvement de grève a fait son effet, nous avons senti la volonté d'ouvrir plus largement le débat. Nous devons rencontrer à la fin de la semaine prochaine Gilles Savary pour commencer la discussion au sein de sa mission de concertation. Nous voulons que tous les scénarios soient étudiés pour aller vers l'élaboration du meilleur modèle possible.
Vous êtes optimistes quant à l'écoute de vos revendications?
Oui, mais nous ne sommes pas utopistes non plus. Un traité international doit être signé à l'automne 2010 qui rendra les choses irréversibles. Il y a donc une certaine urgence à ce que nous soyons écoutés sinon le mouvement reprendra et se durcira encore.